Burkina Faso: pourquoi les usagers trouvent leur compte dans le paiement mobile

Usagers de mobile money.

Le 12/09/2026 à 09h31

VidéoLe faible taux de bancarisation, inférieur à 18%, et la forte pénétration mobile qui dépasse 80% de la population adulte expliquent le succès du paiement mobile, riche de plus de 10 millions de comptes actifs pour une population estimée à 24 millions d’âmes. Impressions à Ouagadougou.

Pour Idriss Kanfo, citoyen burkinabè et usager, payer par téléphone procure avant tout un sentiment de sécurité et permet d’éviter bien des désagréments: arnaques, erreurs de transfert, difficultés liées au réseau... «Je paie mes achats souvent par mobile money parce que je n’aime pas avoir de liquidités sur moi. Ce mode de paiement confère plus de sécurité», confie Idriss Kanfo.

Comme Kanfo, de nombreux les Burkinabè verraient leur quotidien profondément bouleversé si le mobile money venait à disparaître. Dans les commerces comme dans les transactions entre particuliers, le téléphone facilite désormais les échanges d’argent.

Selon un des trois opérateurs présents au pays, «le Burkina Faso est un marché souvent sous-évalué dans les analyses e-commerce UEMOA. Pourtant, avec plus de 10 millions de comptes mobile money actifs en 2026 et une pénétration mobile qui dépasse 80% de la population adulte, le pays représente un vivier de clients digitaux considérable".

La pénétration bancaire reste faible, inférieurs à 18%, «ce qui signifie que le mobile money est souvent le seul moyen de paiement électronique disponible pour vos clients», avertit Orange Money Burkina Faso présent aux côtés de Moove Money Burkina Faso et Coris Moeny.

Pour Arsène Beogo, agent commercial, le mobile money a également transformé concrètement la manière de travailler et de gérer son commerce. Encaissements, paiements et transferts sont dorénavant plus rapides et plus simples.

«Les achats par mobile money ont beaucoup d’avantages. Tous les clients ne sont pas forcément des personnes de bonne foi. Il est arrivé qu’on nous fasse des dépôts mais une fois repartis, ils bloquent le transfert et prétextent une erreur. Cette ruse est impossible avec le mobile money. Les retraits sont également gratuits et pratiques pour gérer les comptes», explique-t-il.

Aujourd’hui, de plus en plus de Burkinabè privilégient le paiement mobile pour sa rapidité, sa praticité et son accessibilité. Le téléphone s’impose ainsi comme un nouveau portefeuille, au cœur des habitudes financières du pays.

Par Jean Paul Windpanga Ouédraogo (Ouagadougou, correspondance)
Le 12/09/2026 à 09h31