Politique

Assemblée générale: le Mali attaque la France à la tribune de l'ONU

Le Premier ministre par intérim du Mali, le colonel Abdoulaye Maïga, a critiqué, samedi à la tribune de l'ONU, le gouvernement français, qu'il a qualifié de "junte", ainsi que plusieurs responsables africains et le secrétaire général de l'ONU.

Par Le360 Afrique (avec MAP)
Le 25/09/2022 à 07h54, mis à jour le 25/09/2022 à 08h00
colonel Abdoulaye Maïga
DR

Évoquant le retrait des militaires français de la force Barkhane du Mali, il a estimé lors de son discours à l'Assemblée générale des Nations unies que le Mali avait été "poignardé dans le dos par les autorités françaises".

"Les autorités françaises, profondément anti-françaises pour avoir renié les valeurs morales universelles et trahi le lourd héritage humaniste des philosophes des lumières, se sont transformées en une junte au service de l'obscurantisme", a déclaré dans un long discours le colonel Maïga désigné Premier ministre par intérim en août par le président du gouvernement de la transition, le colonel Assimi Goïta.

Accusant la France de "pratique néocoloniale, condescendante, paternaliste et revancharde", il a en revanche salué "les relations de coopération exemplaire et fructueuse entre le Mali et la Russie".

Le Premier ministre par intérim a par ailleurs rejeté les déclarations du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres qui a affirmé, il y a quelques jours lors d'une interview à RFI et France 24, que les 46 soldats ivoiriens détenus au Mali depuis début juillet n'étaient pas des "mercenaires", contredisant les accusations de Bamako.

"Souffrez que je vous exprime mon profond désaccord suite à votre récente sortie médiatique", a lancé le colonel, qualifiant l'affaire de "bilatérale et judiciaire".

Alors que cette affaire a tourné à la crise diplomatique entre les deux pays voisins, il a estimé que cela "ne (relevait) pas des attributions du secrétaire général des Nations unies".

"M. le secrétaire général, le Mali tirera toutes les conséquences de droit de vos agissements", a-t-il ajouté, avant de répéter sa demande d'une réforme de la force de maintien de la paix de l'ONU au Mali, la Minusma, en cours de revue par l'ONU.

"Dans sa difficile quête pour la paix, la stabilité et le développement durable, le peuple malien reste reconnaissant des efforts et des sacrifices consentis par la MINUSMA, de sa création en juillet 2013 à nos jours, visant à aider le Mali à restaurer son autorité sur l’ensemble de son territoire", a-t-il indiqué.

"Cela dit, il nous faut reconnaître que près de 10 ans après son établissement, les objectifs pour lesquels la MINUSMA a été déployée au Mali ne sont pas atteints. Et ce, en dépit des nombreuses résolutions du Conseil de sécurité, a précisé le responsable malien.

"C’est pourquoi, le Gouvernement du Mali réitère sa demande, maintes fois exprimée, d’un changement de paradigme, d’une adaptation de la MINUSMA à l’environnement dans lequel elle est déployée et d’une meilleure articulation de cette mission avec les autorités maliennes", a-t-il dit, ajoutant que dans cette perspective, "il est extrêmement important pour la MINUSMA de rester une force d’appui au Mali dans sa quête de stabilité".

Par Le360 Afrique (avec MAP)
Le 25/09/2022 à 07h54, mis à jour le 25/09/2022 à 08h00