Cameroun. Formation militaire à l’université: simple manœuvre du gouvernement ou retour forcé de la discipline

Le 05/02/2026 à 08h42

VidéoBientôt, les étudiants des grandes écoles seront soumis à une formation militaire de 45 jours. Cette mesure gouvernementale, qui vise plusieurs objectifs, est diversement appréciée à Yaoundé comme dans d’autres villes du pays.

Au Cameroun, le ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup) envisage d’imposer une formation militaire obligatoire de 45 jours aux étudiants de plusieurs grandes écoles du pays dont l’Ecole normale supérieure, l’Ecole polytechnique et l’Ecole nationale supérieure des travaux publics. Sont également concernés par cette mesure déjà en cour à l’Ecole normale d’administration et de magistrature (Enam) l’Ecole nationale supérieure des postes et télécommunications et l’Institut des relations internationales du Cameroun.

Les 45 jours de formation comprennent 15 jours de préparation physique et 30 de formation militaire stratégique. Pour le gouvernement, ce projet vise à renforcer le civisme, la discipline et le patriotisme des agents de l’Etat régulièrement impliqués dans des comportements contraires aux lois.

Cette formation ambitionne de «créer une synergie entre l’excellence académique et l’expertise en commandement, stratégie et gestion de crise, à l’effet de former des leaders aptes à évoluer dans des environnements complexes», selon le ministère de l’Enseignement supérieur.

A Yaoundé, cette mesure suscite de vifs commentaires au sein de l’opinion. Tandis que certains citoyens apprécient la démarche du gouvernement, d’autres par contre estiment que la formation militaire pour tous ne saurait être une solution pour restaurer le civisme et l’amour de la patrie.

André Biyong, un septuagénaire rencontré au quartier Nkolbisson en est convaincu «la formation militaire seule ne suffit pas. Je crois que les Camerounais ont un problème d’éducation à la base. Le respect d’autrui n’existe plus, tout se négocie actuellement en argent et c’est ce qui explique la montée vertigineuse de la corruption dans le pays y compris, l’accès aux grandes écoles. Croyez-vous vraiment cette formation militaire va arrêter le favoritisme, le népotisme et le clientélisme? Je le crois pas», a-t-il déclaré.

Certains étudiants favorables à cette mesure y voient plutôt, une manière pour le gouvernent de protéger les agents publics dans ce sens où ils sont appelés à exercer dans toutes les régions du pays y compris dans celles en proie à la guerre et à l’insécurité de toute sorte.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 05/02/2026 à 08h42