Guinée: enlèvement du fils d’un opposant en exil (famille)

le blogueur Anssou Damaro Camara, connu sous le nom de Général 5 étoiles, opposant guinéen en exil aux Etats-Unis.

Le 30/04/2026 à 20h39

Le fils d’un opposant guinéen en exil a été enlevé en Guinée, a appris l’AFP jeudi auprès de sa famille et d’un mouvement citoyen guinéen.

Les cas d’enlèvements et de disparitions forcées de voix dissidentes et de leurs proches se sont multipliés ces dernières années en Guinée, pays dirigé d’une main de fer par le général Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2021 et élu président en décembre.

Le blogueur guinéen Ansou Damaro Camara, connu sous le nom de «Général 5 étoiles», opposant en exil aux Etats-Unis, a annoncé l’enlèvement de son fils Mohamed Camara en même temps que celui de «son ami», Ela Cissé, dans une vidéo publiée sur Facebook, consultée jeudi par l’AFP.

Il accuse un militaire guinéen d’être derrière cet enlèvement. «Vous pensez que c’est en prenant mon garçon que vous allez me faire taire?», dit-il dans cette vidéo, citant aussi «le CNRD» (Comité national du rassemblement pour le développement).

«Le CNRD un gouvernement qui n’est pas là pour protéger les citoyens (et) les enfants, il se plaît dans ça», dit-il, sans plus de précision.

Le CNRD est l’organe dirigeant de la junte, dirigé par le colonel Mamadi Doumbouya, passé général depuis, qui a renversé le président Alpha Condé en 2021.

Mohamed Camara a été enlevé dans «la nuit du 28 avril à Kissosso», dans la banlieue de Conakry, affirme le collectif «Tournons la page» (TLP), un mouvement citoyen, dans un communiqué publié jeudi.

«Utiliser un mineur de 15 ans comme moyen de pression contre un père engagé est non seulement illégal, mais moralement indéfendable», affirme le collectif dans son communiqué.

Contactées jeudi, les autorités guinéennes n’ont pas réagi.

Ce n’est pas la première fois que des proches d’opposants en exil sont enlevés en Guinée.

La mère d’un opposant politique en exil, l’ancien ministre Tibou Camara, et deux autres femmes de sa famille ont été «kidnappées» en mars par des «hommes vêtus de treillis» et libérés cinq jours après.

En novembre, les enfants du chanteur guinéen et critique du pouvoir Elie Kamano, âgés de 14 et 16 ans, avaient été enlevés par des «personnes encagoulées» et n’ont pas été retrouvés depuis.

Depuis la prise de pouvoir de M. Doumbouya, plusieurs partis politiques ont été suspendus, les manifestations - interdites depuis 2022 - sont réprimées et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil.

Par Le360 Afrique (avec MAP)
Le 30/04/2026 à 20h39