Le potentiel existe, mais l’accès aux bons réseaux reste une difficulté pour de nombreuses académies guinéennes. Les responsables de structures de formation expliquent devoir prendre eux-mêmes contact avec les agents basés en Europe.
Facinet Keita, secrétaire général d’une académie, décrit une relation qui se construit principalement depuis la Guinée vers l’extérieur. «C’est à nous d’aller vers eux car ces agents refusent de venir chez nous et quand ils le font, c’est sur invitation. Il y a des Académies qui les sollicitent pour leur proposer ou deux potentiels joueurs qui les intéresse en Europe».
La difficulté est également financière. Lorsqu’un joueur est repéré, les frais liés à son déplacement et à son séjour sont honorés par son académie d’origine, regrette Facinet Keita. «Avant, lorsque les détecteurs venaient, une fois un joueur validé, c’était les agent qui prenaient les joueurs en charge. Mais aujourd’hui, cela a changé, c’est l’académie d’origine du joueur qui doit tout prendre en charge, billet d’avion, logement, nourriture. Tout. Et si l’académie n’en a pas les moyens, il ne sera pas facile d’aider le joueur».
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Pour certaines structures, le problème n’est donc pas seulement de découvrir un talent, mais de disposer des moyens nécessaires pour l’exposer au marché international.
Le coach Abdou 1 Camara évoque, lui aussi, la difficulté d’atteindre directement les agents qui travaillent avec les clubs européens. «C’est nous qui allons vers les agents pour proposer des joueurs. Ces agents connaissent les réalités en Europe. Mais là aussi, il y a beaucoup d’intermédiaires».
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Cette multiplication des intermédiaires constitue l’une des principales difficultés évoquées par les acteurs du secteur. Entre l’académie, le recruteur, l’intermédiaire et l’agent installé en Europe, le parcours d’un jeune joueur peut devenir long et difficile.
La Fédération guinéenne de football a engagé une démarche de professionnalisation en publiant une liste d’agents titulaires d’une licence FIFA et reconnus par la Fédération.
Pour les académies guinéennes, l’enjeu est donc double: trouver davantage de passerelles vers les marchés étrangers, mais aussi s’assurer que les jeunes joueurs soient accompagnés par des professionnels qualifiés et reconnus.
