Le Mali fait un geste envers Paris en graciant un agent français condamné

Assimi Goïta, président et ministre de la Défense du Mali.

Le 13/08/2026 à 16h25

Le chef de l’État malien Assimi Goïta a gracié un agent de renseignement français sous statut diplomatique, condamné à 20 ans de prison en juin dernier.

Ce geste de clémence et d’apaisement intervient après des années de fortes tensions entre Paris et le gouvernement malien, qui, ces dernières années, s’est détourné de l’ancienne puissance coloniale française pour se rapprocher notamment de la Russie.

«Le gouvernement de la Transition informe l’opinion que par décret», le général Assimi Goïta a accordé la grâce présidentielle à l’agent français, indique le communiqué.

Cette décision «est assortie de l’éloignement immédiat de l’intéressé du territoire national», précise le communiqué.

La mesure de grâce ne «remet pas en cause les faits établis par un jugement contradictoire rendu au cours d’un procès», souligne le gouvernement malien, assurant que l’officier français a été «jugé et condamné à la suite d’un procès équitable» et «sans aucune interférence».

Officiellement affecté à l’ambassade de France à Bamako, l’officier français, identifié comme Yann V., avait été arrêté le 13 août 2025 en compagnie de plusieurs officiers des Forces armées maliennes (FAMa), lors d’une opération menée par la Sécurité d’État (SE), les services de renseignement maliens.

Il avait été accusé de conspiration contre les institutions du pays sahélien.

L’agent avait passé près de 10 mois en détention à Bamako entre son arrestation et son procès et était détenu jusqu’à récemment au camp 1 de la gendarmerie à Bamako.

Dans le même communiqué, le gouvernement malien salue «un pays frère», sans le nommer, «dont les bons offices, exercés avec discrétion et dans le respect scrupuleux de la souveraineté du Mali, ont contribué à l’obtention de cette grâce».

Les officiers maliens arrêtés en compagnie de l’agent français, radiés de l’armée depuis, n’ont toujours pas été jugés. Ils sont accusés d’avoir mis en place un réseau d’espionnage et de complot visant à déstabiliser les institutions de la transition malienne en vue de perpétrer un coup d’État.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 13/08/2026 à 16h25