Au terme d’un procès qui s’est déroulé sous haute surveillance sécuritaire, Mariem Cheikh Dieng et Gamou Achour Salem ont été condamnées le 4 mai à quatre ans de prison ferme pour avoir accusé le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani de discrimination raciale envers les Noirs et les descendants d’esclaves dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
Ces deux députées poursuivies pour «atteinte aux symboles de l’État et diffusion de propos à caractère raciste» avaient qualifié sur les réseaux sociaux le président Ghazouani de mentor de «l’apartheid en Mauritanie».
Les deux femmes sont également membres de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), une organisation de défense des droits humains.
La Cour a aussi ordonné «la suppression des contenus numériques, la confiscation de leurs téléphones et la fermeture de leurs comptes en ligne».
Officiellement aboli en 1981, l’esclavage perdure en Mauritanie, bien que les sanctions aient été durcies en 2015.
Le pays compte 5,5 millions d’habitants répartis entre plusieurs groupes ethniques : les Maures (blancs ou Arabes), les Haratins, descendants d’esclaves noirs subsahariens affranchis, les Soninkés, les Peuls...
