RDC: adoption d’un texte ouvrant la voie à un 3e mandat de président pour Tshisekedi

Le président sortant Felix Tshisekedi réélu pour cinq ans de plus à la tête de la République démocratique du Congo (RDC).

Le 16/06/2026 à 22h04

Le Sénat de République démocratique du Congo (RDC) a adopté tard lundi une proposition de loi relative à l’organisation des référendums dans le pays, un texte technique, qui ouvre toutefois la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi.

Ce vote intervient quelques jours seulement après un rassemblement de l’opposition, émaillé de heurts, samedi dans la capitale Kinshasa. Plusieurs opposants ont été blessés, notamment par des jets de pierres dans des affrontements avec des militants pro-gouvernement et la police, ont constaté des journalistes de l’AFP. Des associations locales de défense des droits ont évoqué deux corps ramassés sur la chaussée. Aucun bilan officiel n’a été communiqué.

Le vote des sénateurs a suivi celui à l’Assemblée, où avait déjà été adopté début juin le texte déposé par un député de la majorité présidentielle. L’Union sacrée, alliance de partis rassemblés dans la majorité présidentielle, détient une écrasante majorité au Parlement.

Après un avis de la Cour constitutionnelle, le proposition de loi atterrira sur le bureau de Félix Tshisekedi, qui pourra alors décider de promulguer ou non la loi encadrant l’organisation des référendums.

M. Tshisekedi, 63 ans, a été élu fin 2023 pour un second mandat qui doit prendre fin en 2028. La Constitution congolaise stipule que le «nombre et la durée des mandats», soit deux quinquennats, «ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle».

Or, depuis des mois, le chef de l’Etat et ses partisans préparent l’opinion publique, sans évoquer ouvertement l’ambition du président de briguer un troisième mandat, mais en appelant à réviser une Constitution taxée, sans entrer dans le détail, d’être «opposée aux attentes de la population».

Lors d’une rare conférence de presse début mai, M. Tshisekedi a assuré qu’il n’a «pas sollicité de troisième mandat» tout en déclarant que «si le peuple souhaite que j’aie un troisième mandat, j’accepterai».

La loi proposée permettrait de réviser la Constitution par référendum et de remettre à zéro le compteur des mandats présidentiels de M. Tshisekedi.

Pour l’opposition, cette réforme n’est qu’une manœuvre pour opérer ce qu’elle dénonce depuis 2024 comme un «coup d’Etat constitutionnel» visant à permettre à l’actuel chef d’Etat de se maintenir.

M. Tshisekedi avait déjà annoncé en 2024 son intention de créer une «commission nationale» chargée de se pencher sur une éventuelle réforme constitutionnelle.

L’intensification de la guerre dans l’est de la RDC début 2025, avec la prise par le groupe armé antigouvernemental M23, soutenu par le Rwanda, des grandes villes de Goma et Bukavu, avait temporairement mis un frein à ses projets.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 16/06/2026 à 22h04