Afrique du Sud: sécurité renforcée pour le 30 juin, date butoir fixée par des groupes antimigrants

Des membres du Service de police sud-africain (SAPS) et de la police métropolitaine de Durban escortent les ressortissants étrangers jusqu'à un bus du centre Diakonia jusqu'aux bureaux du ministère de l'Intérieur où ils seront contrôlés à Durban le 21 mai 2026.. AFP or licensors

Le 23/06/2026 à 08h22

La police sud-africaine va renforcer ses effectifs sur le terrain à l’approche du 30 juin, date à laquelle plusieurs organisations ont intimé l’ordre aux immigrés en situation irrégulière de quitter le pays, a annoncé lundi le ministre de la Police.

Le pays, l’une des principales économies du continent, est sur le qui-vive après des semaines de manifestations antimigrants, qui ont donné lieu à une flambée de discours xénophobes et à des violences qui ont fait au moins deux morts.

Divers groupes, au premier rang desquels l’organisation March and March, ont fixé aux clandestins installés en Afrique du Sud la date butoir du 30 juin pour quitter le pays, en dehors de tout cadre légal.

«La police sud-africaine a renforcé son niveau de préparation opérationnelle dans l’ensemble des provinces, avec des plans de déploiement complets en place pour protéger les communautés, les infrastructures critiques et les principaux espaces publics», a déclaré à la presse le ministre par intérim de la Police, Firoz Cachalia.

Il a rappelé le droit inaliénable de manifester pacifiquement mais a averti: «La criminalité, l’intimidation, la violence, la destruction de biens et toute tentative de porter atteinte à la sécurité publique ne seront pas tolérées».

L’armée va sécuriser des sites sensibles comme les aéroports et se tient prête à épauler la police si besoin, a indiqué la ministre de la Défense, Angie Motshekga.

L’Afrique du Sud attire de longue date des étrangers venus y trouver un emploi. Le pays, confronté à un chômage de masse supérieur à 30%, a déjà connu par le passé des vagues de violences xénophobes.

En 2008, 62 personnes avaient été tuées dans des émeutes. De nouveaux troubles avaient éclaté en 2015 et 2016.

En 2019, les violences ont vu des groupes armés s’en prendre à des entreprises appartenant à des étrangers autour de Johannesburg, faisant au moins 12 morts — dont 10 citoyens sud-africains.

Les tensions actuelles s’inscrivent dans le contexte plus large des prochaines élections municipales prévues le 4 novembre, un scrutin souvent accompagné de tensions et de violences.

Ce week-end, consacré à l’enregistrement des électeurs, quatre personnes liées à des partis politiques ont été tuées par balles dans des incidents séparés.

Deux des victimes étaient affiliées au parti d’opposition Umkhonto we Sizwe (MK) de l’ex-président Jacob Zuma (2009 à 2018). La troisième, une candidate de l’Alliance démocratique, deuxième parti du pays, a été abattue dans la région du Cap-occidental, tandis qu’un conseiller de district de l’ANC (Congrès national africain, au pouvoir depuis 1994), a été tué dans celle du Cap-oriental.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 23/06/2026 à 08h22