Cameroun: 2.426 milliards de FCFA pour une réforme structurante du secteur d’eau

Le 16/04/2026 à 10h24

VidéoPour permettre aux ménages de s’approvisionner en eau potable saine, un plan stratégique national Compact Eau du Cameroun vient d’être lancé avec l’appui de l’Unicef, la Banque mondiale et l’Union Européenne. En attendant, les consommateurs continuent de boire de l’eau de source avec les risques sanitaires que cela comporte.

Le Compact National Eau du Cameroun est un plan stratégique du gouvernement soutenu par l’Unicef et la Banque mondiale. Ce plan national vise à porter l’accès à l’eau potable de 77% à 90% d’ici 2030.

Certes, ce processus structurel cible en priorité les zones rurales et l’assainissement, mais il met aussi en relief les difficultés à s’approvisionner en cette denrée vitale dans les grandes villes du pays, notamment à Yaoundé où les populations s’approvisionnent encore dans les sources villages.

Habitant du quartier, Mvog Betsi en sait quelque chose: «Dans notre quartier nous avons deux sources d’eau traditionnelles. Ce sont ces sources qui nous aident au quotidien malgré les maladies hydriques dont nous sommes régulièrement victimes. Moi personnellement, j’ai demandé à maintes reprises un abonnement à la société nationale Camwater qui distribue l’eau dans le pays mais ma demande est restée lettre morte», a-t-il déclaré.

Le Compact National Eau se présente ainsi comme une vision à long terme pour résorber définitivement le déficit en approvisionnement en eau potable au Cameroun.

La situation s’est légèrement améliorée à Yaoundé avec le projet PAEPYS (Projet d’alimentation en eau potable de Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga) qui a augmenté la production en eau potable depuis 2024 via ce cours d’eau.

Ce projet qui a été conçu pour produire entre 300.000 et 400.000 de mètres cubes d’eau par jour, n’est pas encore opérationnel au bénéfice des populations à cause des installations vétustes qui demandent à être rénovées. Pendant ce temps, les habitants s’approvisionnent dans les sources alternatives comme les sources villageoises et les forages améliorés.

L’Unicef l’un des partenaires du Compact national, entend soutenir le gouvernement pour l’extension des réseaux d’eaux potables dans les zones rurales pour le bien être des femmes et des enfants.

Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a indiqué que les besoins globaux s’élèvent à 2.426 milliards de FCFA, dont une partie est déjà sécurisée grâce à l’appui des partenaires techniques et financiers. Il a ainsi lancé un appel à un engagement accru afin de combler le gap de financement restant.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 16/04/2026 à 10h24