Cameroun: pourquoi le test de paternité est entré par effraction dans les mœurs

Le 08/07/2026 à 10h04

VidéoLongtemps considéré comme étranger aux us locaux, le test de paternité séduit de plus en plus de Camerounais, soucieux de s’assurer de la filiation des enfants portés par leurs campagnes. Cependant, ces examens médicaux alimentent de vives critiques.

Certains Camerounais ne se limitent plus aux simples déclarations de leurs conjointes leur annonçant l’arrivée imminente d’un nouveau-né dans la famille.

Pour néanmoins rester en cohésion avec sa compagne, chacun de ces citoyens prend généralement ses responsabilités dès les premières visites prénatales jusqu’à l’accouchement. C’est bien après qu’il cherche à se rassurer s’il est effectivement parent de l’enfant qui vient de naître.

Cette pratique a cours non seulement dans les couples d’union libre mais aussi dans les foyers où les deux époux sont liés suivant les normes édictées par le droit civil du Cameroun en matière de mariage.

Les raisons évoquées diffèrent d’une personne à une autre avec un seul point d’encrage, éviter de se faire duper par des femmes, comme semble le penser Georges Ebanga, habitant du quartier Tsinga à Yaoundé: «Les femmes sont devenues trop ingénieuses. Pour une seule grossesse, certaines attribuent la paternité à plusieurs hommes dans le but de se faire de l’argent. Et moi j’ai donc décidé de tout vérifier parce que je suis prêt à poursuivre en justice pour abus de confiance et escroquerie, quiconque oserait me duper», a-t-il déclaré.

Non loin de là, au quartier Bastos, c’est une victime de cette malhonnêteté que nous avons rencontrée dans un taxi de ville: «J’ai vécu douze ans avec une enfant que je croyais mienne. Un jour, sa mère est allée la remettre à son vrai géniteur. Je vous jure, j’ai failli piquer une crise. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’effectuer un test de parenté sur tout enfant qu’on m’attribue», a-t-il dit.

Le test de paternité n’est pas bien perçu par touts les Camerounais qui le considèrent encore comme l’une des pratiques occidentales, loin des valeurs ancestrales africaines qui voudraient qu’un enfant appartienne à toute sa communauté et non à ses seuls parents.

Par conséquence, toute nouvelle naissance au sein d’une famille doit être source de fierté même si sa mère l’a conçu hors de son foyer et sans consentement de son conjoint.

Par Jean-Paul Mbia (Yaounde, correspondance)
Le 08/07/2026 à 10h04