Libreville offre un sanctuaire de savoir aux tortues marines: une odyssée pédagogique en bord de mer

Le 03/02/2026 à 13h41

VidéoInauguré il y a une semaine sur le front de mer de Libreville, un parcours pédagogique dédié aux tortues marines transforme la célèbre promenade en salle de classe à ciel ouvert. Porté par des experts et soutenu par l’État, ce dispositif vise à éveiller les consciences afin de mieux protéger des espèces emblématiques, au premier rang desquelles la tortue luth, dont le Gabon abrite la plus importante population nicheuse au monde.

Au cœur de la Baie des Rois, futur quartier d’affaires de Libreville, la promenade maritime se mue en sanctuaire de savoir. Depuis une semaine, un sentier pédagogique de plus d’un kilomètre dévoile les secrets des tortues marines, ces voyageuses des océans dont la survie est cruciale pour l’équilibre des écosystèmes. Dix panneaux jalonnent le parcours, expliquant leur vie, leurs menaces et l’importance de leur protection. Une initiative d’envergure, alors que le pays abrite 30% de la population mondiale de tortues luth nidificatrices, une espèce classée en danger d’extinction.

Porté par la Façade Maritime du Champ Triomphal (FMCT) et l’association Projet Tahiti Tortues, ce projet a pour ambition d’enrichir l’espace public sans le dénaturer, en y insufflant une dimension éducative et interactive. «La volonté ici, c’est vraiment de sensibiliser le public et faire toute une allée sur la promenade de la Baie des Rois qui est éducative et interactive», explique Jocia Mbadinga, directeur administratif de la FMCT. «Le contenu informe sur les périodes de ponte, les bons gestes pour sauver ces petits êtres inoffensifs et les aider à regagner la mer. En un mot, la FMCT est une société qui a un ADN très vert.»

Cette démarche s’inscrit dans une vision plus large où développement urbain et préservation de la biodiversité vont de pair. Le sentier, soutenu par les autorités gabonaises, n’est d’ailleurs que le premier d’une série prévue pour faire de l’éducation à l’environnement un pilier de l’aménagement du territoire.

Sur le terrain, l’initiative trouve un écho immédiat dans le monde éducatif. Pour Rodrigue Ngoubiala, enseignant, cette sortie s’intègre parfaitement dans le projet pédagogique de son école. «La protection de la nature fait partie des notions que nous étudions en classe. Il s’agit d’allier théorie et réalité», souligne-t-il. «Les enfants sont l’avenir de demain, il est nécessaire de leur donner aujourd’hui les rudiments nécessaires pour protéger la planète.»

Cette articulation entre transmission scolaire et sensibilisation grand public fait toute la force du projet. Elle transforme une simple balade en une expérience immersive, où chaque visiteur, petit ou grand, devient un maillon actif de la chaîne de protection.

Désormais, se promener sur le bitume de la Baie des Rois, c’est embarquer pour une odyssée éducative. Entre futur pôle économique et sanctuaire écologique, Libreville montre que protéger la biodiversité peut commencer par un pas, une lecture, une prise de conscience. Ici, la protection des tortues marines n’est plus une abstraction lointaine, mais une leçon de vie à ciel ouvert, offerte à tous.

Par Ismael Obiang Nze (Libreville, correspondance)
Le 03/02/2026 à 13h41