Il est à peine 9 heures lorsque nous franchissons le portail de l’hôpital d’arrondissement de La Peyrie. À l’accueil, les files s’étirent, mais personne ne semble s’impatienter. Dans les couloirs, des blouses blanches, roses, bleues, s’activent. Le ballet est bien huilé. Rien à voir avec les centres de santé de quartier où l’on venait autrefois uniquement pour un paracétamol ou un carnet de vaccination.
Ici, le décor a changé. Les murs sont repeints, les équipements flambant neufs et surtout, le personnel courtois. L’ancien centre de santé de La Peyrie, tout comme celui du Pont d’Akébé, a été hissé au rang d’hôpital d’arrondissement. Une mutation qui, un mois après la mise en service, bouleverse déjà le quotidien des populations environnantes.
Un plateau technique qui ne dit plus son nom
Salle de radiographie, salle d’échographie, scanner fonctionnel, unité de déchocage équipée d’un système de production d’oxygène… Le plateau technique de La Peyrie a de quoi impressionner. «Ce n’est plus un centre de santé, c’est un véritable hôpital de proximité», souffle un agent d’accueil, non sans une pointe de fierté.
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Cette montée en gamme répond à une promesse: rapprocher les soins des populations, désengorger les structures de référence et offrir une prise en charge complète, du diagnostic simple à l’urgence vitale.
«Nous recevons deux fois plus de patients»
En blouse rose, le sourire franc, Emeline Blanche Oyane, sage-femme, confirme l’engouement. «Nous recevons deux fois plus de patients que d’habitude», témoigne-t-elle. «Mais nous nous en sortons bien, parce que les effectifs ont été renforcés.»
Dans le service de maternité, les consultations prénatales et les accouchements s’enchaînent. «Qui dit travail dit accouchement. Sur place, nous avons les gynécologues, les réanimateurs, les sages-femmes, les médecins généralistes et l’essentiel des médicaments pour les premiers soins», énumère-t-elle. Et parce que la santé ne s’arrête pas à la naissance, l’hôpital se projette déjà. «Très bientôt, dans le cadre d’Octobre rose, nous organiserons des campagnes de dépistage des cancers féminins», annonce la sage-femme.
Un gain de temps et d’argent pour les usagers
À quelques mètres de là, Jenifer Moupiga attend son tour. Elle est venue consulter une dermatologue. «J’ai eu un problème au niveau du cuir chevelu à cause de l’usage des défrisants. Je suis venue en consultation chez une dermatologue pour trouver une solution. Dieu merci, je l’ai rencontrée et je repars satisfaite», confie-t-elle, soulagée.
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Pour Jaurès Koumba, l’hôpital de La Peyrie est presque devenu un voisin de palier. Après un incendie qui a consumé toute la paperasse de sa maison, ce père de famille s’est rendu dans cet hôpital, situé à cinq minutes de son quartier Venez-Voir. «Je suis venu renouveler les actes de naissance de mes enfants. La structure est accueillante et très efficace», salue-t-il. Un gain de temps et zéro dépense en taxi.
«Aussitôt arrivé, aussitôt reçu»
À vingt minutes de là, Vandamme Brandone, élève en Terminale au lycée Paul Emane Eyeghe, repart avec le précieux sésame. «Je suis venu prendre mon certificat d’âge apparent, un document indispensable pour la constitution de mon dossier au baccalauréat. Je n’ai pas eu de tracasserie. Aussitôt arrivé, aussitôt reçu», se réjouit-il.
Une offre de soins de proximité renforcée
La mise en service de ces deux unités de santé, La Peyrie et Pont d’Akébé, permet, selon les autorités, de renforcer significativement l’offre de soins de proximité pour les populations des zones environnantes.
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Un pari sur l’humain et sur le territoire, qui, deux semaines après l’inauguration présidentielle, semble déjà tenir ses promesses.
Reste à consolider l’élan: approvisionnement régulier en médicaments, maintenance des équipements et surtout, effectifs à la hauteur de l’affluence. Les usagers, eux, ont déjà adopté leur nouvel hôpital. Et c’est peut-être là le plus beau des indicateurs.
