«Le cancer du sein demeure l’un des cancers les plus fréquents chez les femmes togolaises. Selon les données officielles, 894 femmes avaient été diagnostiquées en 2021, pour 38 décès enregistrés la même année», rappelle l’association All For Change à l’origine des 5 km de Lomé.
À Lomé, Octobre Rose commence par une marche. Depuis le point de rassemblement, femmes, hommes et jeunes s’élancent pour cinq kilomètres dans les rues de la capitale. Pas de chrono ni de classement, on marche pour la lutte contre le cancer du sein. Dans le cortège, certaines ne se sentent pas encore exposées à la maladie, mais refusent de rester spectatrices.
«Je suis une fille qui va devenir une femme. Donc je dois prendre part à ce combat. Les autres le feraient aussi pour moi. C’est pourquoi je participe pour montrer aux autres que nous sommes là pour les soutenir», explique Yawa Dzakpa, une jeune participante.
«Nous exhortons nos dames, nos sœurs, à toujours faire des contrôles. L’autopalpation et les dépistages précoces permettent d’intervenir très tôt en cas de cancer et augmenter les chances de traitement», explique Kokou Awoume, participant.
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Cet appel à la vigilance, c’est celui que porte All For Change. L’association togolaise signe la cinquième édition de sa marche, sous le thème «5 ans de parcours, un combat qui continue».
En cinq ans, elle dit avoir sensibilisé plus de 20.000 personnes et accompagné sept femmes touchées par la maladie. Pourquoi marcher?
Parce que le sport fait partie des moyens de prévention qu’elle défend. Et parce que, pour son président, la lutte ne concerne pas que les femmes: elle engage toute la communauté.
«C’est un défi communautaire pour lequel nous nous rassemblons pour élever notre voix, sensibiliser les populations. Parce qu’aujourd’hui, le moyen le plus efficace que nous avons contre le cancer du sein, c’est la prévention, le dépistage précoce. Nous devons nous auto-examiner chaque mois, et ce n’est pas un geste anodin. Il faut l’intégrer dans nos réflexes, un peu comme le brossage des dents», soutient Hervé Dimedo, président de l’association All For Change.
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Ce réflexe, les chiffres en rappellent l’urgence. Selon l’Observatoire mondial du cancer, qui dépend de l’Organisation mondiale de la Santé, le Togo enregistre environ 1.700 nouveaux cas de cancer du sein par an, et plus de 800 décès. C’est le premier cancer du pays, en nombre de cas comme en mortalité. Or, détectée tôt, la maladie se soigne nettement mieux. Encore faut-il reconnaître les signes d’alerte, puis pouvoir accéder aux soins.
«Une femme qui voit l’aspect de ses seins changer, un liquide anormal sortir de son sein, des veines apparaitre... doit s’inquiéter. Mais le premier obstacle est financier, parce que la prise en charge coûte très cher. Le deuxième, c’est le défi social, parce que ceux qui sont la malades sont parfois rejetés par la société», dit Benoît Ayigan, responsable du pôle santé de l’association All For Change.
La marche s’achève, pas la mobilisation. Tout au long du mois d’octobre, la sensibilisation va se poursuivre, pour rappeler aux femmes de surveiller leur santé et de consulter au moindre doute. Avec une conviction partagée dans le cortège: dépisté à temps, le cancer du sein peut être vaincu.
