Les coups de filet contre les narcotrafiquants se multiplient ces derniers mois au Mozambique. Avant une saisie de 3,7 tonnes de fentanyl dans ce même aéroport en juin, deux ressortissants mexicains soupçonnés d’être liés au cartel avaient été arrêtés en avril et des précurseurs chimiques confisqués.
«Le Sernic (...) a obtenu de ses sources des informations relatives à l’arrivée d’une marchandise suspecte de contenir de la drogue, en provenance de Campinas, dans l’Etat de Sao Paulo (Brésil), faisant escale à Luanda (Angola), et à destination de la ville de Maputo. La marchandise devait arriver à l’aéroport de Maputo en 3 lots, les 1er, 6 et 11 août 2026», indique un communiqué de la police.
Le fentanyl est un puissant opioïde de synthèse détourné comme produit stupéfiant responsable de très nombreuses overdoses. Son apparition au Mozambique est un phénomène nouveau.
Les images diffusées par la police montrent des cartons siglés d’une marque brésilienne de cosmétiques remplis de flacons de produits de beauté qui renfermaient la drogue «sous forme liquide».
Un citoyen mozambicain de 31 ans a été arrêté au terminal de fret de l’aéroport, alors qu’il s’apprêtait à retirer la drogue.
En Afrique du Sud voisine, plusieurs raids ont visé ces dernières années des laboratoires de méthamphétamines où opéraient également des ressortissants mexicains.
L’Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée (GI-TOC) estimait l’an passé dans un rapport que les flux commerciaux licites importants existant déjà entre l’Afrique du Sud et l’Australie «peuvent contribuer aussi à l’essor de cette route» pour le trafic de drogue.
«Il existe une demande intarissable de cocaïne et de méthamphétamine sur les marchés australien et néo-zélandais, où les prix de vente au détail de ces deux substances sont parmi les plus élevés au monde», expliquait cette ONG basée à Genève.
Le développement de ces routes de trafic s’accompagne généralement d’une expansion du marché domestique.
Le nombre de personnes prises en charge dans les hôpitaux mozambicains pour toxicomanie a augmenté de 38% en 2025, pour atteindre les 32.281, a signalé en avril le gouvernement.
Le total des saisies par Maputo cette année-là s’est élevé à 4,4 tonnes de stupéfiants, «dont d’importantes quantités de cocaïne et de cannabis», selon le gouvernement.
