Nigeria: 37 élèves enlevés par des jihadistes dans le nord

Le 01/07/2026 à 07h56

ChroniqueTrente-sept élèves sont portés disparus après que des jihadistes ont pris d’assaut lundi leur établissement scolaire, dans le nord-est du Nigeria, selon une liste diffusée mardi par un responsable local et consultée par l’AFP.

Les enlèvements contre rançon, visant en particulier des élèves, sont devenus une pratique courante dans le pays le plus peuplé d’Afrique tant de la part de groupes jihadistes que de bandes criminelles, appelées «bandits», dans le nord et le centre du pays, les régions les plus touchées par l’insécurité.

Ce dernier épisode de violences s’est produit lundi matin, quand des assaillants présumés de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont attaqué un lycée de la ville de Lassa, dans la zone administrative d’Askira Uba, tuant trois personnes, dont un soldat, selon les autorités.

L’armée a déclaré lundi que 11 élèves ont été enlevés au moment où ils passaient leurs examens de fin d’année. Dix d’entre eux ont ensuite été secourus.

Cette liste de portés disparus, indiquant le sexe des élèves ainsi que les numéros de téléphone de leurs parents, a été transmise à des journalistes par un conseiller du gouvernement local de la zone, Ijagla Ijabila.

Une source du renseignement a également envoyé à l’AFP la même liste.

Depuis l’enlèvement de plus de 300 lycéennes à Chibok, dans l’État de Borno, en 2014, qui avait suscité l’indignation internationale, des centaines d’enfants ont été kidnappés lors de dizaines d’attaques.

En mai, des jihadistes ont enlevé plus de 40 élèves dans le village de Mussa, dans l’État de Borno, qui sont toujours détenus.

Au cours du même mois, des jihadistes présumés ont kidnappé des dizaines d’écoliers dans trois établissements de l’État d’Oyo, une attaque rare dans le sud-ouest du Nigeria, considéré comme la région la plus sûre du pays.

Bandits et jihadistes

Depuis des mois, le Nigeria fait face à une recrudescence des attaques de bandits et de jihadistes en particulier dans le nord, forçant le président Bola Tinubu, qui briguera un second mandat en janvier prochain, à déclarer l’état d’urgence sécuritaire en novembre.

Une vague d’enlèvements de masse l’an dernier avait ébranlé le Nigeria, dont l’enlèvement de centaines d’écoliers par les jihadistes de Boko Haram dans l’État du Niger (centre-nord).

Les forces de sécurité sont également mises à rude épreuve par des bandes criminelles, principalement concentrés dans le nord-ouest du pays.

Une série d’enlèvements massifs dans des écoles au cours du dernier trimestre de 2025 – notamment l’enlèvement d’environ 24 écolières dans l’État de Kebbi en novembre et celui d’environ 300 élèves et de plusieurs enseignants dans l’État du Niger le même mois – a attiré à nouveau l’attention internationale sur l’insécurité dans le pays.

Face à la recrudescence des attaques et des enlèvements, Abuja a resserré son partenariat avec les Etats-Unis, qui ont affirmé avoir tué plus de 200 jihadistes depuis le début de l’année, dont l’un des leaders de l’Etat islamique dans le monde, Abou Bilal Al-Minuki.

Depuis dix-sept ans, le Nigeria est confronté à cette insurrection jihadiste, donc l’épicentre est le nord-est, qui a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés.

Elle s’est étendue ces dernières années dans les zones limitrophes au Niger, au Cameroun et au Tchad.

Si les violences ont diminué par rapport au pic du conflit il y a une une décennie au Nigeria, des experts mettent en garde contre un regain des attaques depuis 2025.

Depuis 2019, l’armée a fermé plusieurs petites bases pour regrouper ses troupes dans des garnisons plus grandes et fortifiées, appelées «super camps», censées mieux résister aux attaques.

Mais cette stratégie, selon certains experts, a facilité la circulation des groupes armés dans les zones rurales.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 01/07/2026 à 07h56