Nigeria: trois femmes piétinées à mort lors d’une distribution d’argent

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Le 01/10/2026 à 08h12

Au moins trois femmes ont été piétinées à mort lors d’une bousculade survenue pendant la distribution d’aides en espèces à Minna, dans le centre du Nigeria, a indiqué mercredi à l’AFP une source médicale locale.

Le Nigeria est broyé par une hausse brutale du coût de la vie et une crise économique qui dure depuis des années et a plongé des millions de personnes dans la pauvreté.

Mardi soir, des milliers de personnes s’étaient massées devant la résidence officielle du gouverneur de l’État de Niger, Mohammed Umaru Bago, pour une de ces distributions d’argent liquide - de 10.000 nairas (6,65 euros) par personne — qui a tourné au drame comme cela est déjà arrivé dans ce pays d’Afrique de l’ouest.

«Six blessés ont été amenés en même temps que trois corps décédés», a déclaré à l’AFP un secouriste du Minna General Hospital.

«Toutes les victimes décédées étaient des femmes», a ajouté le secouriste, qui a réclamé l’anonymat par crainte de sanctions.

Un rapport de sécurité de l’ONU fait état d’un bilan plus lourd de cinq morts.

Un porte-parole de la police a indiqué que les autorités étaient toujours en train de rassembler des informations.

Yusuf Abubakar Bawa a déclaré que sa fille de 15 ans avait été blessée dans la bousculade et se trouvait dans le coma.

La distribution d’argent avait été organisée en partie pour empêcher une manifestation prévue contre la mort il y a deux semaines de 37 orpailleurs irréguliers détenus par l’État dans des conditions sordides.

Selon un rapport de sécurité préparé pour l’ONU et consulté par l’AFP, les mineurs ont suffoqué dans une cellule surpeuplée et mal ventilée, une affaire qui a bouleversé l’État de Niger.

Les bousculades meurtrières lors de distributions d’espèces sont fréquentes au Nigeria. De telles opérations servent aussi, parallèlement aux distributions de nourriture, à acheter des voix. Le pays doit organiser des élections présidentielle, législatives et sénatoriales le 16 janvier.

En décembre 2024, 35 enfants ont été tués dans une bousculade lors d’une foire de Noël dans la ville d’Ibadan (sud-ouest). En mars de la même année, 17 femmes sont mortes dans une bousculade pendant une distribution d’argent dans l’État de Bauchi — quelques jours après la mort de deux étudiants dans une autre bousculade sur un campus universitaire de l’État de Nasarawa.

En juillet 2021, une distribution de bons repas destinés à des personnes déplacées par les violences jihadistes dans la ville de Monguno, dans le nord-est, a déclenché une bousculade meurtrière, et en avril 2020, une autre distribution d’aide, près de la frontière camerounaise, a provoqué une cohue qui a tué au moins cinq femmes et enfants.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 01/10/2026 à 08h12