Ouagadougou: «Cet argent devrait bénéficier aux étudiants»: l’aspect superficiel des concours de beauté dénoncé

Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

Le 13/06/2026 à 08h47

Le 8 juin, les autorités ont décidé de suspendre l’organisation de tous les concours de beauté sur le territoire national. Une mesure qui s’inscrit dans la volonté de promouvoir une identité africaine forte et assumée, en accord avec les idéaux de la Révolution progressiste populaire.

Pour les autorités, la culture constitue un levier essentiel de souveraineté. Dans un contexte marqué par de profondes mutations géopolitiques, il devient nécessaire de renforcer les références culturelles propres aux peuples africains. L’objectif est de garantir le respect de l’identité culturelle burkinabè, des valeurs morales et sociales ainsi que des principes éthiques et de dignité humaine qui fondent notre société.

«Le gouvernement sait pourquoi il agit ainsi. Si ça ne tenait qu’à moi, on aurait dû laisser les gens faire. Par contre, on peut par exemple promouvoir la lecture au niveau des écoles, les jeux éducatif pour les enfants», estime Samuel Ouédraogo, fondateur d’établissement privé.

Pour le gouvernement, cette décision traduit également la volonté de mettre les activités culturelles en cohérence avec la vision portée par la Révolution progressiste populaire.

Au-delà du divertissement, les initiatives culturelles sont appelées à contribuer à la formation citoyenne, à l’éveil des consciences et à la consolidation des valeurs de dignité, d’intégrité et de patriotisme.

Selon Ousmane Sawadogo, dans cette perspective, tout doit être fait pour que les Burkinabè restent concentrés sur la marche actuelle du pays.

«Il y a des étudiants qui ne demandent que d’être soutenus dans leurs études alors qu’on organise ce genre de concours pour une minorité. Le premier prix de ces concours de beauté peut souvent atteindre trois voire quatre millions de FCFA. Ce montant pourrait servir d’aide à au moins quatre étudiants» , dit-il.

«Concernant la suspension des concours de beauté, certains se sentiront vexés. Des voix s’étaient élevées depuis longtemps pour dénoncer ce genre de concours. Pour moi, tout dépend du régime en place: s’il estime que le type de concours ne cadre pas avec ses idées, il est en droit de le suspendre», estime Noé Naré, étudiant en histoire.

Les autorités estiment que les acteurs du monde culturel ont un rôle majeur à jouer dans la compréhension des enjeux de la géopolitique contemporaine.

Face aux défis liés à la souveraineté, à l’influence culturelle et à la maîtrise des ressources, les productions artistiques et culturelles sont invitées à accompagner les populations dans la lecture des réalités du monde actuel. Une dynamique avec laquelle Karim Goumbri se dit être en phase.

«Ces activités rentrent dans le cadre de certaines pratiques qui ne permettent pas aux citoyens de se concentrer. On devrait être en mesure dans ce contexte de promouvoir la science, les connaissances qui peuvent aider au développement du pays. Il va de soi que le gouvernement prenne ses responsabilités», soutient Karim Goumbri, doctorant en Sciences du langage à l’Université Joseph Ki Zerbo.

À travers cette suspension, le Burkina Faso réaffirme ainsi son ambition de construire une politique culturelle fondée sur la valorisation de l’identité africaine, l’engagement révolutionnaire et la sensibilisation des citoyens aux grands enjeux de leur époque. Une orientation qui place désormais la culture au cœur du projet de transformation sociale et de souveraineté nationale.

Par Jean Paul Windpanga Ouédraogo (Ouagadougou, correspondance)
Le 13/06/2026 à 08h47