Mondial 2026: à Dakar, le Maroc applaudi pour son parcours

Des supporters marocain à la résidence de l'ambassadeurs du Maroc au Sénégal lors du match Maroc-France comptant pour les quarts de finale du Mondial 2026.

Le 10/07/2026 à 15h22

VidéoLe rêve marocain s’est arrêté aux portes du dernier carré. Opposés à une équipe de France plus réaliste et plus efficace, les Lions de l’Atlas se sont inclinés deux buts à zéro en quart de finale de la Coupe du monde au terme d’une rencontre largement maîtrisée par les Bleus.

À plusieurs milliers de kilomètres de Boston, l’émotion était pourtant bien réelle à Dakar. La résidence de l’ambassadeur du Royaume du Maroc au Sénégal s’est transformée, le temps d’une soirée, en véritable fan zone. Autour de l’ambassadeur Hassan Naciri, la communauté marocaine installée au Sénégal avait répondu présente, accompagnée de nombreux amis sénégalais.

Parmi les invités figuraient notamment le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Matar Cissé, ainsi que le directeur général de la RTS, Pape Alé Niang. Tous ont partagé les espoirs, les encouragements et finalement les applaudissements pour un parcours qui restera l’un des plus marquants du football africain.

Pour beaucoup, cette élimination n’efface en rien la fierté d’avoir vu le Maroc porter une nouvelle fois les couleurs du continent jusqu’en quart de finale.

«Je suis née et grandi au Sénégal. Bien évidemment, depuis le début, je supporte mon pays, le Maroc, mais aussi le Sénégal. Nous sommes très, très, très fiers du Maroc: depuis le début, ils se sont battus. Je ne dirai pas que je suis déçue aujourd’hui. Franchement non, ils se sont donnés à fond. Merci beaucoup à l’équipe marocaine, nous sommes fiers d’eux», s’est réjouie Ryma Hadji, marocaine née au Sénégal.

Malgré la déception, certains supporters reconnaissent sans détour la supériorité de l’adversaire sur l’ensemble de la rencontre. C’est le cas d’Ichem Zaher, supporter marocain. «J’ai supporté le Maroc, tout comme j’ai supporté le Sénégal. Malheureusement, le Sénégal a été éliminé. J’ai trouvé que le Maroc, sur le plan offensif, n’était pas au rendez-vous. En première mi-temps, ce n’était pas ça du tout. La France nous a dominés, que ce soit offensivement ou défensivement. Je pense donc que la victoire de la France est méritée.»

Chez les Marocains nés au Sénégal, l’attachement aux deux pays se mêle à la satisfaction de voir une nation africaine continuer d’écrire son histoire sur la scène mondiale. «Je suis né ici au Sénégal et je suis d’origine marocaine, donc je supporte les deux: le Maroc et le Sénégal. Aujourd’hui, on a été dominés par la France 2-0. C’était un bon match et, en réalité, je ne suis pas déçu. Ce n’est pas tous les pays africains qui peuvent aller jusqu’en quart de finale», souligne Fadel Alkhamis, supporter marocain.

Au-delà du simple résultat sportif, plusieurs observateurs retiennent surtout les progrès constants du football marocain et, plus largement, du football africain.

«Tout d’abord, j’aimerais féliciter l’équipe de France pour son match extraordinaire. Mais c’est un excellent parcours pour le Maroc; nous sommes simplement tombés sur plus fort que nous. Je pense que nous avons manqué d’efficacité. Ce parcours reste une victoire pour l’Afrique. Sans le travail fourni par le continent et par Sa Majesté le Roi que Dieu l’assiste depuis plusieurs années, notamment avec l’Académie Mohammed VI, nous n’en serions jamais là.»

Les regards sont désormais tournés vers l’avenir. Car pour beaucoup, cette génération a encore les moyens d’offrir de nouvelles émotions, notamment lors de la CAN, avant le grand rendez-vous de la Coupe du monde 2030 que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal.

Pour Ichem Zaher, «Ils ont eu un beau parcours puisqu’ils sont arrivés en quart de finale. Malheureusement, ils ont été un peu intimidés par l’équipe de France. J’espère qu’ils feront mieux lors de la prochaine Coupe du Monde en 2030, et qui se jouera à domicile. J’espère qu’ils vont maintenir leur niveau et surtout corriger ce que l’on a pu observer aujourd’hui. On les a vus en U17, on les a vus en U20, et là on les voit en Coupe du Monde: ils ont quand même plutôt bien joué dans l’ensemble. Malheureusement, sur ce match, ils ont manqué de répondant et ont semblé intimidés par l’équipe de France.»

Le score est sans appel, mais il ne résume pas toute l’histoire. À Dakar, entre drapeaux marocains et sénégalais agités côte à côte, c’est moins une élimination qu’un hommage qui a été rendu aux Lions de l’Atlas.

La soirée s’est achevée dans les applaudissements, avec une conviction largement partagée: le Maroc quitte cette Coupe du monde, mais son parcours confirme que le football africain s’installe durablement parmi les grandes nations du ballon rond.

Par Moustapha Cissé (Dakar, correspondance)
Le 10/07/2026 à 15h22