En marge du 10e Sommet du savoir qui se tient les 19 et 20 novembre 2025 à Dubaï aux Emirats arabes unis, sur le thème «Marché du savoir: développer des communautés durables», la Fondation Mohammed bin Rashid Al Makhtoum pour le savoir, en collaboration avec le Pnud, ont publié l’Indice mondial du savoir (GKI) 2025.
Un indice qui se réaffirme essentiel dans la constitution d’une base de connaissances mondiale exhaustive et outil du développement et d’orientation des stratégies nationales visant à privilégier le capital humain pour le progrès.
«Nous sommes entrés dans une nouvelle ère où le savoir est devenu un moteur essentiel de la transformation économique et sociale. L’édition 2025 de l’Indice mondial du savoir (GKI) souligne que l’avenir du développement humain repose désormais sur notre capacité à transformer le savoir en un outil de production, d’innovation et d’équité», souligne le rapport, ajoutant que «des études montrent que les pays qui investissement massivement dans la recherche scientifique et l’innovation numérique ont atteint des niveaux de productivité du savoir supérieurs de plus de 35% à la moyenne mondiale, illustrant ainsi comment le capital intellectuel est devenu la composante la plus cruciale de la richesse nationale».
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Pour cette édition, l’indice a connu une refonte majeure, avec des améliorations significatives apportées à son cadre et à ses méthodes statistiques. Il s’agit d’une réduction du nombre d’indicateurs ramené de 155 à 115 dans le but d’améliorer la clarté statistique, la qualité des données et la comparabilité entre pays. Ensuite, les secteurs de l’éducation ont été rationnalisés avec désormais deux sous-indicateurs contre trois auparavant (préuniversitaire, enseignement et formation techniques et professionnels et enseignement supérieur).
«Ces améliorations visent à fournir des données plus précises et complètes, permettant aux gouvernements d’élaborer des politiques de développement fondées sur des données probantes et de formuler des stratégies ancrées dans des référentiels internationalement comparables et mesurables», souligne le rapport.
L’indice offre un cadre complet et fiable pour évaluer la performance des pays dans six secteurs clés: enseignement pré-universitaire, enseignement et formation techniques et professionnels, enseignement supérieur, recherche, développement et innovation, technologies de l’information et de la communication, économie et environnement favorable.
En conséquence de quoi, «depuis son lancement en 2017, le GKI est devenu une référence mondiale pour les décideurs politiques. Il dépasse la simple collecte de données pour fournir une analyse prospective et pertinente qui relie le savoir au développement humain et évalue la capacité des nations à opérer une transition vers des économies durables et axées sur l’innovation», explique le rapport.
L’indice comprend six sous-indices: enseignement pré-universitaire, enseignement et formation techniques et professionnels (EFTP) et enseignement supérieur, recherche, développent et innovation (RDI); technologies de l’information et de la communication (TIC), économie et critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Chacun de ses sous-indices est subdivisé en piliers, sous piliers et indicateurs, reflétant la nature multidimensionnelle des systèmes de connaissances.
Chaque indicateurs est sélectionné en fonction de sa pertinence, de la qualité des données et de sa couverture mondiale, à partir des données internationales fiables provenant d’institutions tels que l’Unesco, l’OCDE, le FMI, la Banque mondiale,…
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A partir de ces indicateurs, le GKI 2025 compare les performances en matière de connaissances au niveau national de 195 pays. Toutefois, en fonction de la disponibilité de toutes les données recherchées, sauf 149 pays ont été classés (46 pays ne l’ont pas été).
Et en fonction des notes obtenues, allant de 1 à 100, attribuées à chaque pilier, un classement est réalisé en fonction des performances. Plus un pays est proche de 100, plus il est performant, et vice versa.
Pour l’édition 2025, à cause des changements apportés au niveau des critères, des pondérations et de la prise en compte d’un plus grand nombre de pays, le classement mondial a connu d’importants changements. Toutefois, il demeure toujours dominé par les pays nordiques. Au sommet de cet indice, on trouve la Suisse avec un score de 67,8, devant Singapour (64,6), la Suède (64,6), le Danemark (63,2), le Pays-Bas (62,9), la Finlande (62,1), l’Irlande (61,7), la Corée (61,6), le Royaume Uni (61,5) et la Norvège (61,3).
Les États-Unis se trouvent au 15e rang mondial avec un score de 59,2, devant la France (17e avec un score de 58,1, le Japon (19e avec un score de 56,7).
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Les pays africains sont globalement mal classés. Ainsi, seul un pays africain se trouve dans la catégorie moyenne mondiale. Il s’agit de Maurice qui s’en sort avec un score de 41,6 sur 100 se classant au premier rang africain et au 58e rang mondial. Maurice a réalisé une très bonne performance au niveau du sous-indicateurs Enseignement pré-universitaire avec un score de 64,6, figurant parmi les meilleurs au monde, devant des pays comme l’Irlande (63,1), l’Israël (64,1), le Luxembourg (63,7),…Le pays a aussi obtenu des notes supérieurs à la moyenne dans quatre autres sous-indicateurs: 40 pour l’Enseignement et formation techniques et professionnels (EFTP), 45,5 pour les Technologies de l’information et de la communication, 45,2 pour l’Économie et 59,2 pour les Critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.
Seul hic, Maurice a réalisé un très mauvais score au niveau de la Recherche, développent et l’innovation (RDI) avec un score de seulement 16,4. D’ailleurs, la RDI est le talon d’Achille de tous les pays africains.
Les scores de Maurice au niveau des différents indicateurs de l'Indice mondial du savoir 2025.
Loin derrière suivent les Seychelles (78e avec un score de 38,2), la Tunisie (79e avec un score de 38), l’Égypte (87e avec un score de 36,1), le Maroc (89e avec un score de 35,9), l’Afrique du Sud (93e avec un score de 35,2), le Kenya (96e avec un score 33,9), la Namibie (104e avec un score 31,4), le Cap Vert (105e avec un score de 31,5) et le Rwanda (106e avec un score de 31,3).
Les 10 pays africains les mieux et les pires classés du Global Knowledge Index 2025
| Pays | Score | Rang mondial | Pays | Score | Rang mondial |
|---|---|---|---|---|---|
| Maurice | 41,6 | 58e | Mozambique | 24,2 | 137e |
| Seychelles | 38,2 | 76e | Angola | 23,3 | 138e |
| Tunisie | 38 | 79e | Congo | 21,3 | 140e |
| Egypte | 36,1 | 87e | Mali | 21 | 142e |
| Maroc | 35,9 | 89e | Niger | 20,1 | 143e |
| Afrique du Sud | 35,2 | 93e | Burundi | 19,5 | 144e |
| Kenya | 33,9 | 96e | Gambie | 19,4 | 145e |
| Namibie | 31,4 | 104e | RDC | 19 | 146e |
| Cap-Vert | 31,5 | 105e | Guinée | 19 | 147e |
| Rwanda | 31,3 | 106e | Tchad | 16,4 | 149e |
Source: tableau confectionné à partir des données du Global Knowledge Index 2025
Sur les 30 derniers des 149 pays classés, on compte 23 pays africains. Et les 10 pires classés africains de l’indice sont: le Mozambique (137e avec un score de 24,2), l’Angola (138e avec un score de 23,3), le Congo (140e avec un score de 21,3), le Mali (142e avec un score de 21), le Niger (143e avec un score de20,1), le Burundi (144e avec un score de 19,5), la Gambie (145e avec un score de 19,4), la RDC (146e avec un score de 19), la Guinée (147e avec un score de 19)et le Tchad (149e avec un score de 16,4).
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A noter aussi que sur les 46 pays étudiés et non classés figurent de nombreux pays africains dont: Nigeria, Djibouti, Comores, Érythrée, Guinée équatoriale, Gabon, Guinée-Bissau, Liberia, Libye, Soudan, Sierra Leone, la Zambie, l’Ouganda,…
Le classement au bas du tableau des pays africain reflète globalement la faillite des systèmes éducatifs et d’enseignement supérieur du continent.

















