Près de 6 millions de dollars de rançons versés aux groupes armés du Nigeria en un an

Le 28/08/2026 à 08h04

Le montant des rançons versées après des kidnappings au Nigeria s’est élevé à près de 6 millions de dollars au cours de l’année écoulée, selon un rapport publié mercredi, deux enlèvements de masse attribués à l’organisation jihadiste Boko Haram comptant pour 90% du total.

Les enlèvements sont devenus une source de revenus essentielle pour les groupes criminels dans le pays le plus peuplé d’Afrique, en particulier pour les jihadistes et les gangs armés de «bandits».

Quelque 7,78 milliards de nairas (5,8 millions de dollars) de rançon ont été versés à ces groupes entre juillet 2025 et juin 2026, soit plus du triple des 2,56 milliards de nairas payés sur la même période l’année précédente, indique le rapport du cabinet de conseil SBM Intelligence, basé à Lagos.

Au moins 7.825 personnes ont été enlevées, soit 66% de plus qu’à la même période l’an dernier, selon les chiffres de SBM. Au moins 1.142 personnes ont été tuées, dont 895 civils, ajoute le rapport.

Le pays le plus peuplé d’Afrique est aux prises depuis 17 ans avec une insurrection menée dans le nord-est par des groupes jihadistes qui ont fait de ces enlèvements une arme de choix— notamment celui en 2014 de centaines de collégiennes dans la ville de Chibok-, et doit aussi faire face avec des bandes criminelles dans le nord-ouest et le centre.

Deux enlèvements attribués à Boko Haram ont généré 7 milliards de nairas de paiements: le rapt de plus de 400 personnes à Ngoshe, dans l’Etat de Borno, un bastion de l’insurrection jihadiste, et l’enlèvement d’environ 300 élèves et membres du personnel de l’école catholique St. Mary’s, dans le village reculé de Papiri.

L’AFP avait rapporté à l’époque, citant des sources proches des négociations, que le gouvernement avait payé au moins 2 milliards de nairas (1,5 million de dollars) pour libérer ces derniers, ce que les autorités avaient démenti.

«L’enlèvement de masse est désormais la pratique dominante», indique SBM, qui préconise de «perturber les flux financiers qui soutiennent» l’insurrection et appelle à une «stabilisation économique» dans ce pays pauvre, ce qui «pourrait réduire le vivier dans lequel sont recrutés les hommes de main».

L’insécurité et l’économie seront au cœur de la campagne présidentielle qui vient de démarrer au Nigeria. En janvier prochain, le président Bola Tinubu briguera un second mandat.

Par le360
Le 28/08/2026 à 08h04