Propos de Messahel contre le Maroc: la presse algérienne indignée

Abdelkader Messahel n'a pas exprimé de remords, mais la virulence de la presse algérienne démontre toute la gêne que ses propos suscitent.. DR

Le 23/10/2017 à 15h05, mis à jour le 23/10/2017 à 15h17

Revue de presseÀ lire la presse algérienne ce lundi, on est saisi par la virulence des analyses contre les "propos criminels" et la "bourde" de Messahel, qui plonge la diplomatie dans un "crépuscule". Même au Maroc, nul ne l'a encore appelé "sergent Garcia" ou traité de "palefrenier".

En Algérie, la sortie irresponsable de Abdelkader Messahel ne passe pas. Journalistes et intellectuels du pays en ressentent de la honte, parce qu'ils risquent d'être jugés au regard des inepties du chef de la diplomatie algérienne. Dans la presse, les plumes les plus affûtées s'en démarquent de manière franche. 

Concernant les "Propos criminels de Messahel", le chroniqueur du Matin d'Algérie se demande d'emblée si "le clan Bouteflika veut la guerre" avec le Maroc. "Messahel a agi en parfait écuyer du clan de palefreniers qui fait office de pouvoir en Algérie", lit-on. Mais rien d'étonnant, puisque le ministre algérien des Affaires étrangères est "familier des âneries du sergent Garcia". Il est donc inutile de le rêver en Talleyrand, l'homme politique et diplomate français connu pour son esprit, son intelligence et la qualité de sa conversation. Messahel ne pourra donc jamais se départir de son langage de charretier. 

Toujours dans le Matin d'Algérie, on regrette que certains milieux veuillent préparer la jeunesse à un conflit entre les deux pays. "Les temps sont mûrs pour les va-t-en-guerre", affirme le journal. "Abdelkader Messahel, brave soldat Shveïk, vient de s'acquitter de la triste besogne: jeter de l'huile sur le feu", lit-on. 

Le Matin termine avec le constat que Bouteflika, si tant est qu'il peut encore le faire, devrait méditer. "Telle est l'Algérie aujourd'hui gouvernée par des petits esprits, incapables de se servir de ce qui, dans l’histoire des deux pays, unit au lieu de diviser, apaise au lieu de désespérer, de petites créatures maléfiques dont on imagine le bonheur nauséabond d'avoir su trouver un motif supplémentaire pour les peuples algérien et marocain de se déchirer". 

Par Mar Bassine Ndiaye
Le 23/10/2017 à 15h05, mis à jour le 23/10/2017 à 15h17