Algérie. Visa Schengen: voici pourquoi près de la moitié des demandes ont été rejetées en 2018

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Le 26/04/2019 à 10h21, mis à jour le 26/04/2019 à 10h26

46% des demandes de visas des Algériens ont été rejetées en 2018. Et le nombre de visas octroyés aux Algériens a donc fortement chuté l’année dernière, comparativement à l’année précédente. La situation risque d’être encore plus corsée cette année. Explications.

Cinquième demandeur de visas Schengen au monde, derrière l’Inde, la Russie, la Chine et la Turquie, l’Algérie est aussi le pays qui a enregistré le plus haut taux de refus de visas dans l’espace Schengen.

En effet, sur 710. 644 visas demandés auprès des autorités consulaires européennes (contre 779. 152 demandes en 2017), seuls 384. 302 visas ont été octroyés, soit un taux de refus de 46%. Ces rejets sont en hausse de 9% par rapport à ceux enregistrés en 2017.

Le nombre de visas accordés aux Algériens est donc en chute libre, sachant qu’en 2017, les services consulaires français avaient octroyé, à eux seuls, 413. 976 visas Schengen aux Algériens, soit un nombre supérieur à celui de tous les pays de l’espace Schengen en 2018.

Cette baisse est surtout le fait de la France, dont le nombre de visas accordés aux Algériens a chuté de 28%.

Pourquoi une telle baisse alors? Celle-ci s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs. D’abord, beaucoup d’Algériens qui ont obtenu des visas de courtes durées durant ces dernières années sont ne sont pas rentrés en Algérie après l’expiration de la durée de leur séjour et sont restés sur le sol européen, en toute clandestinité.

En conséquence, le Directeur central de la police française des frontières, Fernand Gontier, avait plaidé, l’année dernière, devant le Sénat français, pour un durcissement des conditions d’octroi de visas aux Algériens.

«Nous effectuons plus de 10.000 interpellations par an. Beaucoup d’Algériens arrivent avec des visas mais ne repartent plus», avait–il expliqué.

Cette situation avait poussé le Sénat français à demander l’application stricte des réductions des quotas de visa Schengen aux pays non-collaboratifs, dans les opérations de rapatriement des migrants.

Ensuite, c’est la Commission de l’Union européenne qui avait demandé aux pays de l’espace Schengen de durcir les conditions d’octroi de visas à l’égard de l’Algérie du fait du refus de son ouvertement à coopérer avec les pays européens sur le dossier de rapatriement de migrants illégaux.

La Commission a ainsi inclus l’Algérie dans sa liste des pays concernés par le principe «Visa contre le rapatriement des immigrants illégaux».

En outre, la découverte d'un trafic de visas de la part des élus algériens avait aussi poussé les autorités consulaires françaises et européennes à refuser les visas à certains députés algériens et aux membres de leurs familles.

Après la France, l’Espagne aussi avait durci les conditions d’octroi de visas à l’encontre des élus algériens, en leur imposant un «Engagement sur l’honneur», notifiant qu'ils vont bien rentrer en Algérie après l’expiration de leurs visas.

Pour 2019, la situation risque encore d’être plus corsée. Outre le fait que les conditions à l’origine du durcissement de l’octroi de visas aux Algériens n’ont pas évolué, les autorités consulaires européennes sont encore plus méfiantes à accorder aux Algériens des visas à cause de la situation politique qui prévaut actuellement en Algérie.

Enfin, il faut noter que contrairement aux Algériens, le nombre de visas accordés aux Marocains a augmenté de 3,7% en 2018, pour s’établir à 530. 000 titres de séjours accordés. 

Par Moussa Diop
Le 26/04/2019 à 10h21, mis à jour le 26/04/2019 à 10h26

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