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Algérie: la planche à billets est de retour, dans un contexte d'assèchement des réserves de change

Mise à jour le 01/07/2021 à 15h23 Publié le 01/07/2021 à 14h37 Par Mar Bassine

#Politique
Algérie: planche à billets
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#Algérie : Le gouvernement algérien a renoué, sans tambour ni trompette, avec la planche à billets dans un contexte d'épuisement presque total des réserves de change, de déficit de la balance des paiements et de pénuries de toutes sortes. Un cocktail explosif pour que se déclenche la bombe de l'inflation.


En septembre 2017, alors que le règne d'Abdelaziz Bouteflika tirait à sa fin et que les caisses de l'Etat s'était vidées, le régime avait trouvé la parade pour financer le déficit budgétaire abyssal. Il avait alors parlé de financement non conventionnel pour désigner la planche à billets qui devait aider le Trésor public à se tirer d'affaires.

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Quatre ans plus tard, à force d'attendre une solution miracle à la question des déficits jumeaux et de leur corollaire qu'est la pénurie de dévises, Alger désenchante et renoue avec ses vieilles amours. Sauf qu'ici, changement de lexique et d'outils de création de monnaie oblige, la Banque centrale d'Algérie parle de "programme spécial de refinancement de l'économie".

Créer de la monnaie autrement


Concrètement, il s'agit d'un programmme destiné non pas à battre monnaie comme dans le cas d'une planche à billets classique, mais à en créer en rachetant simplement la dette du Trésor public et de certains opérateurs économiques privés.

«Les effets que la Banque d’Algérie accepte en garantie au titre d’opérations spéciales de refinancement, sont les obligations émises par le Trésor public, dans le cadre du rachat des crédits syndiqués», écrit la Banque centrale dans le nouveau règlement rendu public hier. Et d'ajouter que «les titres donnés en garantie à la Banque d’Algérie  doivent  couvrir  aussi  bien  le  montant  de financement demandé que les intérêts dus».

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Techniquement, les deux méthodes de création monétaire sont différentes. Cependant, concrètement en matière de création de monnaie, il n'y aura aucune différence entre le fait d'octroyer directement au trésor public algérien "un financement non conventionnel" et laisser le privé lui accorder à travers les obligations publiques et revenir financer ces créanciers en leur rachetant cette dette vis-à-vis du trésor. 

"Planche à billets déguisée"


Il s'agit, selon les sources interrogées par site d'information Tout sur l'Algérie, "de la mise en œuvre d’une planche à billets déguisée. Après avoir enterré définitivement l’article 45 bis sur la Loi sur la monnaie et le crédit, relatif à la planche à billets, le gouvernement a décidé d’emprunter un autre chemin". Donc, nul ne semble se tromper sur l'intention réelle des autorités monétaires algériennes.

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Ce programme porte officiellement sur un plafond de 2100 milliards de dinars, soit l'équivalent de près de 16 milliards de dollars, au cours de change officiel, soit l'équivalent de 10% du PIB du pays. Si une telle masse monétaire supplémentaire était injectée dans l'économique algérienne, ce serait, sans conteste, l'aggravation d'une inflation prévue pour tourner initialement au taux de 4% en 2021.
 

Fausse route


C'est là que s'analyse la nommination d'Ayman Ben Aderrahmane, le ministre des Finances dans le précédent gouvernement Djerad et qui occupe désormais le poste de Premier ministre depuis hier mercerdi 30 juin. C'est Ben Aberrahmane himself qui a préparé cette nouvelle disposition de la banque centrale, laquelle n'a fait qu'exécuter un ordre venu d'en-haut. Le nouveau Premier ministre a été ainsi choisi pour régler le problème auquel l'Algérie est confrontée et qui n'est autre que le manque d'argent.

Mais, le régime fait fausse route, une nouvelle fois, comme c'est le cas depuis le début de cette crise. Il est en train de soigner le cancer d'une économie monosectorielle comme s'il s'agissait d'une simple migraine budgétaire. Car, le problème n'est pas tant la faillite annoncée du Trésor public algérien que l'incapacité de l'économie de ce pays à se diversifier.
 

Le 01/07/2021 Par Mar Bassine