Politique

Algérie: nouvelle chute d'un drone de l'armée, ça n'en finit pas de se crasher

Un nouveau drone s'est écrasé ce lundi 12 septembre 2022 dans un champ à M'sila, en Algérie, s'ajoutant à la longue liste d'appareils de l'Armée nationale populaire qui ont eu un sort identique.

Par Mar Bassine Ndiaye
Le 12/09/2022 à 15h40, mis à jour le 12/09/2022 à 15h45
Algérie: nouvelle chute d'un drone de l'armée, la série noire se poursuit
Le drone de l'armée algérienne, un ASN 209, a été récupéré par des villageois de la wilaya de M'sila à 233km au sud-est d'Alger. | DR

Un énième couac dans l'aviation militaire algérienne. Un aéronef sans pilote s'est écrasé lundi à Maarif, un village de la wilaya de M'Sila située à 233 km au sud-est d'Alger. C'est le site Mena Défense qui rapporte les faits, précisant qu'il s'agit d'un «drone de surveillance tactique appartenant à l’escadre de reconnaissance et de guerre électronique de l’armée de l’air» algérienne.

Ce sont de simples villageois qui ont récupéré le drone (ou ce qu'il en restait), ce qui laisse croire que l'armée avait perdu les traces de l'appareil, sans quoi elle aurait dépêché une unité d'intervention pour ne pas laisser un si précieux gadget entre les mains de civils.

Mena Défense souligne que «c’est la première apparition de ce type de drones au sein de l’armée algérienne, c’est un ASN 209, appareil sans pilote tactique de moyenne altitude». Ce serait après avoir assisté à la deuxième édition du salon militaire Egypt Defence Expo (EDEX), qui s'est tenue en novembre 2021, que Saïd Chengriha a décidé de passer commande pour cet appareil de conception chinoise.

L'ASN 209 est un «appareil optimisé pour la désignation de cibles pour l’artillerie et pour la surveillance de grands périmètres, car il peut voler pendant 10 heures en continu à une distance de 200 km de sa station de contrôle», détaille le site électronique, rappelant que ce type d'appareil est monté en Egypte depuis deux ans et que l'Algérie compte l'assembler à partir de 2023.

C'est en tout cas le énième crash d'appareil de l'armée algérienne, dans une série noire qui n'épargne ni les avions, ni les drones et encore moins les hélicoptères.

En février 2014, 77 personnes -des militaires et des membres de leurs familles- ont péri dans le crash d'un Hercules C-130 qui survolait le mont Fortas, à quelque 500 km à l'est d'Alger. En octobre de la même année, un bombardier Sukhoï-24 s'est écrasé lors d'un entraînement au sud d'Alger, tuant les deux militaires à bord, tandis qu'un mois plus tard, un chasseur MiG-25 de l'armée algérienne s'écrasait lors d'un entraînement à 200 km au sud d'Alger, après que son pilote se fut éjecté.

En mars 2016, 12 militaires algériens sont morts quand leur hélicoptère s'est écrasé dans le sud du pays en raison d'une panne technique. Et l'année suivante, deux autres accidents d'hélicoptère militaire, survenus en mai et juin, ont fait respectivement trois et deux morts.

En décembre 2020, c'était trois militaires qui trouvaient la mort dans le crash d'un hélicoptère des Forces navales algériennes au large de Bouharoun dans la wilaya de Tipaza, près d'Alger. Plus récemment, en mars dernier, l'ANP a annoncé dans un communiqué qu'un militaire a été tué dans la chute d'un avion «en raison d’une panne technique, juste après son décollage de la base aérienne de Bousfer», une localité non loin d’Oran.

Néanmoins, l'accident le plus meurtrier enregistré en Algérie remonte à 2018, lorsqu'un Iliouchine-76, avion de transport militaire de fabrication russe, s'est écrasé peu après son décollage de la base de Boufarik, au sud d'Alger, faisant 257 victimes, majoritairement des militaires et des membres de leurs familles, mais aussi plusieurs membres du Polisario.

Par Mar Bassine Ndiaye
Le 12/09/2022 à 15h40, mis à jour le 12/09/2022 à 15h45