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Gambie: le gouvernement gèle les avoirs de Jammeh soupçonné d'avoir détourné 50 millions de dollars

Mise à jour le 23/05/2017 à 13h57 Publié le 23/05/2017 à 08h30 Par Le360 Afrique - Afp

#Politique
yahya jammeh

L'ancien président gambien, Yahya Jammeh à son arrivée à l'aéroport de Banjul avant de prendre son avion pour l'exil, le 21 janvier 2017.

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#Autres pays : Le gouvernement gambien accuse l'ex-président Yahya Jammeh d'avoir détourné plus de 50 millions de dollars (plus de 44 millions d'euros) avant son départ en exil. Du coup, la justice gambienne a gelé lundi les biens de l'ex homme fort du pays.

"L'ex-président Yahya Jammeh a personnellement ou indirectement procédé au retrait illégal d'au moins 50 millions de dollars de la Banque centrale" de fonds appartenant à l'Etat, a déclaré le ministre, Abubacarr Tambadou, citant notamment l'opérateur public de téléphonie mobile.

"Nous avons obtenu aujourd'hui une décision de justice gelant ou opérant une saisie sur les biens connus dans le pays du président Jammeh et les sociétés qui lui sont associées", a ajouté Tambadou lors d'une conférence de presse.

C'est la première fois que le nouveau gouvernement évalue officiellement les avoirs retirés selon lui des caisses de l'Etat par le président gambien avant qu'il ne quitte le pays, en janvier, pour la Guinée équatoriale.


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Juste après son départ, son successeur Adama Barrow avait accusé Jammeh d'être parti en vidant les caisses du pays.

"Au moment où nous prenons en main le gouvernement, la Gambie est en détresse financière", avait affirmé Barrow dans une déclaration lue à Dakar par son conseiller, Mai Fatty, l'actuel ministre de l'Intérieur. "En l'espace de deux semaines, 500 millions de dalasi (environ 10,7 millions d'euros) ont été retirés" par Yahya Jammeh, avait-il dit.

Mais ces accusations n'avaient pu être vérifiées à l'époque à Banjul. Il était même apparu qu'Adama Barrow avait accepté de le laisser emporter tous les biens qu'il souhaitait, y compris sa collection de voitures de luxe.

La décision annoncée lundi concerne 88 comptes bancaires au nom de Jammeh ou ses associés ainsi que 14 sociétés liées à lui, a affirmé Tambadou.


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La décision de justice de lundi visait à empêcher "une liquidation ou une disparition des biens" de l'ex-président Jammeh, a ajouté Tambadou, selon lequel elle ne concerne que ses possessions en Gambie.

Le président Barrow a limogé il y a une dizaine de jours le gouverneur de la Banque centrale et ses deux adjoints. Aucun motif n'a été rendu public pour ce limogeage, mais une source gouvernementale a affirmé à l'AFP qu'il serait lié à la découverte de la disparition de millions de dollars.

Yayha Jammeh contrôlait en Gambie des activités allant de la boulangerie aux fermes agricoles et était régulièrement accusé de mettre la main sur des secteurs commerciaux florissants.

La semaine dernière, trois cousins de Yahya Jammeh ont été inculpés de vol pour avoir vendu du bétail lui appartenant.

La Gambie, petit pays anglophone totalement enclavé dans le Sénégal, à l'exception d'une étroite façade côtière prisée des touristes, a été dirigée d'une main de fer pendant 22 ans par Yahya Jammeh, un ancien militaire.

Lors de l'élection présidentielle du 1er décembre 2016, Jammeh, battu par Adama Barrow, a refusé de reconnaître sa défaite.

Il s'est finalement résolu à quitter le pouvoir à la suite d'une intervention militaire de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et d'une ultime médiation guinéo-mauritanienne.


Le 23/05/2017 Par Le360 Afrique - Afp

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