Les fonctionnaires ivoiriens entrés en grève en début de semaine ont-ils été en porte-à-faux avec la réglementation en vigueur? Tout comme le gouvernement, le président ivoirien le croit.
«Ces grèves sont illégales, la loi sera appliquée de manière intégrale», a fustigé Alassane Ouattara ce vendredi soir au cours de la cérémonie de réception officielle du rapport 2015 de la Commission nationale des droits de l'Homme de Côte d'Ivoire (CNDHCI).
«Les fonctionnaires et les salariés du privé ont le droit de grève, mais il faut suivre les procédures définies par la loi», a-t-il insisté, expliquant que «ces grèves, quand elles sont illégales, intempestives, sont une violation de nos droits».
Côte d'Ivoire: une intersyndicale d'instituteurs annonce une grève de cinq jours
Le mouvement déclenché par une faîtière revendiquant une cinquantaine de syndicats exigeait notamment le retrait de la réforme des retraites qui induit une hausse des cotisations et une baisse des pensions. Et le débrayage avait été particulièrement suivi, en particulier dans les hôpitaux où seuls les urgences étaient fonctionnelles.
Le gouvernement a reproché mercredi aux grévistes de n’avoir pas suivi la procédure en vigueur. Celle-ci prévoit d’engager des négociations avec les ministères de tutelle, puis avec le ministre de la Fonction publique en dernier recours, étape après laquelle un préavis de grève pouvait être déposé auprès des autorités.
Alassane Ouattara a également exprimé la même exaspération à l’endroit des instituteurs qui, eux, ont suivi une grève qui a duré toute la semaine. «Les enfants de Côte d’Ivoire ont le droit d’aller à l’école et il y a des règles et des procédures à respecter pour aller en grève», a-t-il souligné.
A noter que dans son rapport la CNDHCI a dénoncé les nombreuses grèves qui ont perturbé les cours l’année dernière, aussi bien dans le primaire, le secondaire qu’à l’université.
