L’émotion était palpable, dimanche, dans l’enceinte de la grande mosquée Hassan II de Libreville. La 7ᵉ édition de la présélection gabonaise pour le prestigieux concours marocain de mémorisation du Coran a tenu toutes ses promesses. Sur les 60 postulants (17 pour le Coran complet, 43 pour la sixième partie) la qualité était telle que le jury, dirigé par Tidjani Babagana, Grand Imam de Libreville, a dû recourir au tirage au sort pour départager les meilleurs.
Ubir Kadidja Alphonsine, 18 ans, et Mohammed Camara se sont finalement imposés. Ils représenteront le Gabon au Maroc, pays hôte et inspirateur de cette compétition annuelle destinée à révéler les talents de la Oumma africaine.
Dès l’annonce des résultats, la jeune lauréate n’a pas caché son émotion. «Je suis contente et en profite pour remercier Allah, car c’est Lui qui m’a choisie parmi tant d’autres. Je me suis beaucoup entraînée avec mon outaz. Inchallah, je compte réaliser la même performance au Maroc», a-t-elle confié, radieuse.
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Même détermination chez Mohammed Camara: «Je n’ai pas de secret particulier. J’ai juste fait beaucoup d’efforts de révision, et c’est resté Al hamdoulilah. Si Dieu le veut, je ferai de mon mieux pour remporter la première place au Maroc.»
Mais au-delà des exploits individuels, c’est tout un parcours collectif qui a marqué les esprits. À l’image de Abdourahmane Bâ, venu spécialement de Koulamoutou, à plus de 600 km de Libreville, en empruntant le train. Sorti premier ex æquo dans l’épreuve de mémorisation, il incarne la ferveur et la mobilité des talents musulmans gabonais. «Ce fut extraordinaire», a-t-il sobrement lancé.
La Fondation Mohammed VI des Oulémas Africains, fer de lance d’une vision royale
Cet engouement et cette montée en puissance n’ont rien du fruit du hasard. Ils sont le reflet d’une coopération structurée et durable impulsée par le Roi Mohammed VI, commandeur des croyants, à travers la Fondation Mohammed VI des Oulémas Africains (FM6OA).
Présente au Gabon, cette institution œuvre méthodiquement à la formation des élites religieuses et à l’enracinement d’un islam modéré, éclairé et fidèle aux valeurs de paix. Le concours de mémorisation du Coran en est l’un des fleurons.
«Nous sommes vraiment satisfaits de la participation. Nous avons observé l’évolution et la performance de nos candidats. Tout s’est bien passé dans ce processus de présélection sur lequel nous travaillons depuis des mois», a souligné l’Imam Ibrahim Bouné, secrétaire général adjoint de la FM6OA-Gabon.
Son président, l’Imam Rachid Mbadinga, a tenu à saluer le rôle clé du Royaume: «Le Coran est la première référence de notre religion, une guérison pour le cœur et une miséricorde pour les croyants. C’est l’occasion de remercier tous ceux qui contribuent à la bonne marche de notre section, et je pense notamment à l’Ambassadeur du Royaume du Maroc, qui a délégué l’un de ses conseillers pour suivre cette présélection.»
Photo de famille regroupant membres de la FM6OA Section Gabon, des représentant du Maroc et des lauréats du concours de mémorisation du coran.. A.N. Ismael/Le360 Afrique
L’imam Mbadinga n’a pas manqué d’élever sa prière pour que Dieu «renforce cette coopération historique entre le Gabon et le Royaume du Maroc, et entre les deux grands chefs d’État». Une formule qui résume l’esprit de ce partenariat : au-delà de la compétition, c’est bien un pont spirituel et éducatif entre Rabat et Libreville que la Fondation consolide année après année.
En février prochain, lorsque Ubir Kadidja Alphonsine et Mohammed Camara psalmodieront les versets divins sur la terre marocaine, ils ne porteront pas seulement leurs espoirs. Ils incarneront aussi le fruit d’une politique royale ambitieuse: faire du Coran un vecteur d’excellence, de paix et de rapprochement entre les peuples d’Afrique et le Maroc.




