Le gouvernement burkinabè vient de relever sa prévision de croissance pour 2026 à 6% contre 5,7% en mars. Le communiqué du Conseil des ministres du 10 octobre 2026 lie cette révision aux perspectives favorables de la production aurifère et à une hausse attendue des recettes.
Le tertiaire contribuerait à 2,7 points de pourcentage, le secondaire à 1,9 point et le primaire à 1,3 point. Derrière l’embellie, le pays reste donc porté par les services, l’or et une industrie encore modeste. Cette croissance n’est pas encore une transformation structurelle. Elle dit surtout que le Burkina mise sur ses mines et sur la mobilisation fiscale pour tenir son rang, dans un environnement où la sécurité et le climat pèsent lourd.
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Le gouvernement met aussi en avant une inflation attendue à 0,3% en 2026. Le gouvernement cite le contrôle des prix, l’interdiction d’exportation des céréales et les efforts pour sécuriser l’approvisionnement des zones confrontées à des défis sécuritaires. Une inflation quasi nulle peut soulager les ménages. Elle peut aussi traduire une maîtrise administrative dans un contexte de tensions sur les marchés et de déplacements de populations.
La question alimentaire reste une affaire de souveraineté autant que de pouvoir d’achat. La réponse dépendra de la capacité de l’État à faire circuler les produits, à protéger les producteurs et à éviter que la pénurie remplace la flambée des prix. Les finances publiques donnent un autre éclairage. À fin juin 2026, les recettes mobilisées ont atteint 2 118,4 milliards de FCFA, environ 3,6 milliards de dollars, contre 1 659,4 milliards de FCFA, environ 2,8 milliards dollars, à la même période de 2025.
La progression de 27,7% est attribuée principalement à la hausse des recettes fiscales. Cela montre que l’État élargit sa capacité de prélèvement, même si la qualité de cette performance dépendra de la pression fiscale supportée par les entreprises et les citoyens.
Une croissance à 6% n’a de sens que si elle se traduit en routes, en écoles, en santé et en sécurité. Le gouvernement ne le dit pas ainsi, mais l’équation budgétaire le suggère: mobiliser plus de recettes, c’est se donner les moyens d’agir, à condition que la dépense soit aussi rigoureuse que l’ambition affichée. Pour les années suivantes, le gouvernement prévoit 5,6% en 2027, 5% en 2028 et 5,2% en 2029.
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La prudence est visible. Elle est liée à une amélioration de la situation sécuritaire et sociopolitique en Afrique de l’Ouest et à des conditions climatiques favorables. La mise en œuvre du Plan RELANCE pour 2026 à 2030 devra transformer une embellie conjoncturelle en dynamique durable. Le Burkina Faso a relevé son chiffre. Il lui reste à faire de cette croissance une réalité partagée.
