À Tamale, capitale du Nord ghanéen historiquement délaissé par la manne cacaoyère du Sud, John Dramani Mahama, président du Ghana a livré le 19 avril une performance oratoire qui tient autant du bilan comptable que du manifeste de résilience psychologique nationale. Le président a assuré à la population que l’économie nationale demeure résiliente et en sécurité, en dépit des chocs exogènes et des incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale.
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Il a mis en avant la discipline budgétaire du gouvernement, la maîtrise de l’inflation ainsi que les investissements soutenus dans les infrastructures comme autant de signes tangibles de stabilité macroéconomique. «L’économie du pays est entre de bonnes mains. Elle est résiliente et, malgré les événements extérieurs qui se produisent, nos fondamentaux restent sains et solides», a-t-il déclaré avec fermeté.
Le chef de l’État s’exprimait ce dimanche à Tamale lors d’une rencontre d’échanges baptisée «Reddition de comptes au peuple», organisée dans le cadre de la deuxième journée de sa tournée de «Refondation du Ghana» dans la Région du Nord. Cette assemblée, qui réunissait des chefs traditionnels et les populations de la région, a également permis à plusieurs ministres sectoriels de dresser, à tour de rôle, le bilan des actions menées au cours de l’année écoulée et de présenter les chantiers en cours dans leurs départements respectifs. Le président Mahama a souligné que son administration avait su préserver la stabilité économique à un moment où de nombreux pays étaient confrontés à des pressions sévères, notamment la flambée des prix du carburant et des pénuries de produits pétroliers.
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Il a expliqué que, tandis que des événements mondiaux, notamment l’impact des conflits, entraînaient des hausses significatives des prix des carburants sur le plan international, le Ghana a réussi à amortir ces chocs pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens et contenir les tensions inflationnistes. Selon lui, la gestion économique rigoureuse du gouvernement a permis de stabiliser la monnaie nationale, de maintenir une relative stabilité des prix et de préserver les acquis obtenus en matière de réduction de l’inflation. Le président a rappelé que l’inflation, qui dépassait les 24% au moment de sa prise de fonction, a été ramenée sous la barre des 4% grâce à la rigueur budgétaire et à une saine gestion financière. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à consolider durablement ces progrès.
En dépit de l’impossibilité pour le pays d’accéder au marché international des capitaux à la suite du défaut de paiement souverain, le président Mahama a insisté sur le fait que l’État continue de financer d’importants projets de développement sur fonds propres. «Cette situation démontre notre capacité à mobiliser et à déployer efficacement les ressources locales pour soutenir le développement national», a-t-il précisé, citant les nombreux projets d’infrastructures routières en cours comme la preuve de la détermination du gouvernement à poursuivre l’effort d’équipement malgré les contraintes financières.
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Le chef de l’État a indiqué qu’environ 2 000 kilomètres de routes sont actuellement en chantier simultanément, incluant des axes majeurs reliant les régions et des voies de désenclavement reliant les capitales régionales aux chefs-lieux de district. Le président Mahama a conclu que l’ampleur des travaux d’infrastructure entrepris sans recourir à l’emprunt extérieur massif reflète non seulement la résilience de l’économie, mais aussi la volonté du gouvernement de pratiquer une gestion responsable des deniers publics.
