Guinée: à Mali, la culture de la banane tourne à plein régime

Un régime de bananes

Le 16/06/2026 à 10h27

VidéoDans les plaines fertiles de Guéssorewol, autrefois dominées par la pomme de terre, des producteurs ont opté pour la culture de la banane malgré le difficile à l’accès à l’eau en saison séche.

Une banane mûre, fraîchement cueillie dégustée dès les premières heures de la matinée. Sa chair sucrée et son parfum caractéristique témoignent d’une production qui prend peu à peu racine dans la préfecture de Mali.

Dans cette région de Labé, au nord du pays, à proximité de la frontière du Sénégal et du Mali, la banane n’était pas autrefois une culture de référence.

Mais les habitudes évoluent et les producteurs explorent de nouvelles pistes, révèle Aliou Goullonga Souaré, président de la chambre préfectorale d’agriculture. «Pour diversifier les cultures, beaucoup de producteurs se lancent dans la production de la banane et espèrent que leurs projets tiennent la route».

À Guéssorewol, une zone agricole aménagée en bordure d’un cours d’eau, était principalement consacré à la culture de la pomme de terre.

Aujourd’hui, le paysage change progressivement. Entre les parcelles maraîchères, les bananiers se multiplient et témoignent de l’intérêt grandissant des habitants pour ce fruit.

De nombreux jeunes participent à cette activité, à l’image de Mamasaliou Souaré. «Je suis originaire du village Horre Fello. Je viens à Guéssorewol pour chercher des régimes de banane, soit pour notre propre consommation ou pour la revente».

Au cœur des plantations, les travaux d’entretien se poursuivent. Taille, nettoyage et replantation rythment le quotidien des agriculteurs qui misent sur la fertilité des sols pour développer leurs vergers.

Almamy Souaré explique les réalités auxquelles ils sont confrontés. «Les bananeraies ont besoins d’un entretien régulier. Actuellement, nous sommes en train de couper et replanter. Nous rencontrons néanmoins beaucoup de difficultés. Par exemple en saison sèche, faute d’eau, les bananeraies tombent. Mais en saison pluvieuse, ça pousse très bien, et nous avons à la Fin de grosses bananes. La terre est riche».

Malgré ces contraintes, la commercialisation des régimes permet déjà à certains producteurs de tirer des revenus appréciables.

Les prix varient selon la taille des récoltes et les conditions de vente, confie Almamy Souaré, agriculteur. «Nous pouvons revendre à 80.000 voire 120.000 francs guinéens. Tout dépend de la taille. Si l’on avait un peu d’aide, nous aurions nous rapprocher en quantité de bananes produite de la forêt connue pour sa forte culture de la banane. C’est l’eau qui fatigue les gens ici».

Pour les acteurs du secteur agricole, le potentiel économique de cette culture reste encore largement sous-exploité. Un meilleur accompagnement pourrait favoriser l’émergence d’une véritable filière et offrir davantage d’opportunités aux jeunes producteurs de la localité, confie Aliou Goullonga Souaré. «Économiquement se serait aussi une opportunité pour les jeunes d’autant plus que le régime banane est vendu à plus de 100.000 francs guinéens. Avec de l’accompagnement des pouvoirs publics, cette culture pourrait créer des emplois pour les jeunes producteurs de Mali».

À Mali, la banane n’a pas encore détrôné la pomme de terre. Mais dans les champs de Guéssorewol, les bananiers qui sortent progressivement de terre traduisent une ambition nouvelle: diversifier les cultures pour renforcer les revenus des producteurs et ouvrir de nouvelles perspectives économiques à la jeunesse rurale.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 16/06/2026 à 10h27