Guinée: l’urgence de huiler la chaîne de production de l’huilerie de Dabola

Le 26/05/2026 à 11h05

VidéoVille agricole de référence en Guinée, Dabola vit au rythme de la culture de l’arachide. Dépendante de la disponibilité de ces graines oléagineuses, l’huilerie de la ville fonctionne par intermittence, et reste à l’arrêt à la basse saison, les machines n’ayant aucune cacahuète à se mettre sous les broyeurs. C’est une unité «en phase de pré-relance et porteuse d’importantes perspectives économiques et sociales pour la région», répondent les autorités du pays.

À Dabola, l’arachide est le moteur de l’économie locale. Des centaines de familles vivent de culture de cette légumineuse aux fruits souterrains, de son transport ou encore de sa commercialisation.

Largement répandue à travers le territoire, la production nationale d’arachides varie de 250.000 à 300.000 tonnes par an.

Seulement, au marché hebdomadaire de Dabola, l’arachide est devenue difficile à trouver en cette période de l’année. Les commerçants sillonnent les villages voisins, espérant réunir quelques quantités pour alimenter le circuit de vente. «Nous sillonnons les marchés hebdomadaires des villages environnants pour espérer trouver de l’arachide parce qu’actuellement c’est pas la période. Les prix au kilo varient entre 12.000, et 13.000 francs guinéens que nous revendons à 14.000. Cette année ce qui nous a aidé en période de récolte de l’arachide, c’est l’achat opéré par l’huilerie de Dabola. Malgré qu’ils achète à un prix faible», confie Aly Kouyaté, commerçant grossiste d’arachide.

Dans cette zone où la récolte intervient généralement au mois d’octobre, ce fruit oléagineux devient difficile à trouver une fois la saison passée.

Cette intermittence entre abondance et rareté impacte directement l’activité industrielle locale.

À l’huilerie de Dabola, les machines sont totalement à l’arrêt. Le bruit habituel des broyeurs et presses a laissé place à un silence pesant. «L’usine, construite sur une superficie de 37.500 mètres carrés, comporte neuf installations comme le nettoyeur, le tapis peseur, la décortiqueuse, la balance des graines, le broyeur e, les filtres. En fin de processus, on obtient de l’huile et du tourteau», détaille l’ingénieur Tamba Malano.

Cependant, des changements devraient intervenir pour permettre à cette installation industrielle de fonctionner à plein régime.

En décembre 2025, Diaka Sidibé alors ministre de l’Industrie et des Petites et Moyennes Entreprises s’était rendue à l’huilerie de Dabola, «une unité en phase de pré-relance et porteuse d’importantes perspectives économiques et sociales pour la région» avait-elle écrit. «Le projet devrait générer 300 à 480 emplois directs, soutenir jusqu’à 2.500 producteurs et réserver 70% des emplois aux résidents de Dabola, avec une part importante destinée aux femmes».

En attendant que le projet prenne corps, la rareté des graines affecte directement l’huilerie de Dabola, construite pour transformer l’arachide en huile alimentaire et en tourteaux.

Malgré l’importance des installations industrielles, l’usine ne peut fonctionner à plein régime tout au long de l’année, regrette Tamba Malano. «Il y a une structure chargée de rencontrer les agriculteurs, procéder à l’achat et, dans un premier temps, financer les activités agricoles. Cette structure est également chargée d’assurer le suivi du calendrier agricole jusqu’à la récolte. Nous produisons une huile 100% huile d’arachide nous n’utilisons pas de produits chimiques. C’est une huile bio».

A l’occasion de la visite de l’huilerie de Dabola, constat, l’image est la même: des installations modernes, mais silencieuses une grande partie de l’année. Une réalité qui illustre toute la dépendance de la filière à la saison des récoltes et la difficulté de maintenir une activité continue.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 26/05/2026 à 11h05