C’est un véritable soulagement pour les commerçants de fruits et légumes. Là où régnaient autrefois l’insalubrité, les installations précaires et l’encombrement se dresse aujourd’hui une infrastructure flambant neuve, pensée dans le cadre de l’urbanisation du Grand Abidjan pour améliorer les conditions de travail des acteurs du secteur vivrier.
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Une transformation saluée par de nombreux commerçants qui, il y a encore un peu plus d’un an, vivaient dans l’incertitude au moment de l’annonce du déguerpissement de l’ancien site. Plusieurs vendeuses et vendeurs craignaient de perdre leur principale source de revenus. Certains redoutaient même la disparition pure et simple de leurs activités lorsque les autorités avaient annoncé la libération de l’ancien espace, devenu inadapté aux réalités d’une métropole moderne.
«L’année passée, nous étions morts d’inquiétude lorsque les autorités avaient annoncé le déguerpissement des lieux. Mais aujourd’hui, on se réjouit», se souvient Ouattara Safiatou, commerçante de fruits rencontrée sur le site.
Construit sur un vaste espace en bordure du Banco, le nouveau marché impressionne par son organisation. Les allées sont plus larges, les espaces de vente mieux aménagés. Plus de hangars improvisés en bois, plus de fruits étalés à même le sol, plus de parasols susceptibles de s’effondrer à tout moment. Désormais, l’inquiétude laisse place à un profond soulagement. Aujourd’hui, le constat est tout autre: les allées sont plus aérées, les espaces de vente mieux délimités et les conditions d’hygiène nettement améliorées par rapport à l’ancien site, devenu exigu et insalubre. Pour plusieurs vendeurs, ce nouveau cadre représente une avancée majeure pour leur activité, comme en témoigne l’un des responsables.
«Avant, nous travaillions dans l’informel. Mais maintenant, tout est bien organisé, plus fluide, les clients et les commerçants circulent plus aisément. Cela fait qu’on a plus de clients qu’avant et c’est l’économie du pays qui gagne», fait remarquer Soro Gnonan, un responsable du marché.
Sous les hangars métalliques, les commerçants apprécient particulièrement la protection contre les intempéries, un problème récurrent autrefois. «Avant, quand il pleuvait, l’eau stagnait partout. Nos marchandises étaient souvent abîmées. Maintenant, nous avons un marché propre et organisé. Il y a même des ventilateurs… vraiment, nous sommes dans de bonnes conditions», explique dame Maïmouna, présidente du marché quai fruitier.
Camions et transporteurs profitent d’espaces de stationnement et de voies aménagées pour acheminer les tonnes de fruits et légumes en toute sécurité.
Le soulagement est d’autant plus perceptible que le marché offre davantage de sécurité aux commerçants et à leurs produits.
L’éclairage, les espaces de stationnement et les voies de circulation facilitent également les activités de chargement et de déchargement des produits vivriers provenant des différentes régions de Côte d’Ivoire. Pour plusieurs usagers, ce marché marque une véritable rupture avec les anciennes habitudes de travail.
Au-delà du confort offert aux commerçants, les responsables du marché voient dans cette infrastructure un puissant levier économique. Chaque jour, des tonnes de produits vivriers transitent par cet important carrefour commercial reliant plusieurs communes d’Abidjan. Grâce à cette nouvelle infrastructure, les uns et les autres espèrent une plus grande fluidité des échanges commerciaux, une réduction des pertes de produits périssables et une amélioration de l’approvisionnement des populations en fruits et légumes.
Ils mettent également en avant les nombreuses commodités désormais disponibles, telles que les systèmes d’assainissement modernes, les sanitaires, les dispositifs de sécurité, une meilleure gestion des déchets et bien d’autres équipements.
«L’ancien site ne répondait plus aux normes. Ici, les commerçants disposent désormais d’un cadre digne et moderne pour exercer leurs activités et renforcer les activités économiques autour du vivrier», explique Soro.
Malgré leur satisfaction générale, commerçants et responsables du marché ne cachent toutefois pas certaines préoccupations. Ils plaident notamment pour la construction d’entrepôts de stockage.
«Les commerçants sont nombreux et l’espace est donc devenu trop exigu. Nous reconnaissons que nos autorités ont déjà beaucoup fait, mais il manque encore des équipements. Nous souhaitons qu’elles agrandissent l’entrepôt afin de nous permettre de mieux conserver les fruits», implore la présidente.
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Ce marché fait partie d’un grand complexe écotouristique urbain, favorisant un environnement propre et organisé pour les marchandes.
En dépit de ces préoccupations, le nouveau marché Dominique Ouattara d’Attécoubé apparaît déjà comme un symbole de modernisation du commerce vivrier à Abidjan. Entre espoir retrouvé des commerçants et ambitions économiques des autorités, ce joyau architectural marque une nouvelle étape dans la transformation urbaine de la capitale économique ivoirienne.
