Un total de 18 millions de plants forestiers ont été produits pour 96000 hectares de terres restaurées entre 2024 et 2025, selon les derniers chiffres officiels.
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Les efforts de récupération des terres dégradées et d’ensemencement des espèces fourragères ont contribué à l’amélioration de la production pastorale dans plusieurs régions du pays sahélien, générant plusieurs milliards de CFA de revenus aux populations bénéficiaires, indique le ministre nigérien en charge de l’Environnement et de l’Hydraulique, cité par les médias locaux.
Présentant le bilan de son département, le ministre souligne que les actions engagées dans le cadre de la gestion durable des terres ont permis l’ouverture de plus de 32.000 kilomètres de bandes pare-feu pour la protection des ressources pastorales. Il annonce également la production de plus de 18 millions de plants forestiers pour plus de 96.000 hectares reboisés à l’échelle nationale.
Le ministre loue également les performances enregistrées dans plusieurs filières environnementales, notamment la production de feuilles de moringa, de gomme arabique et de miel. En matière de gestion des ressources hydriques, il a précisé que plus de 5.000 équivalents points d’eau modernes ont été réalisés à travers le pays, comprenant des postes d’eau autonomes, des mini-adductions d’eau potable et des forages équipés. Ces infrastructures ont permis d’améliorer l’accès à l’eau potable pour plus de 2,2 millions de personnes supplémentaires.
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Derrière l’annonce ministérielle, c’est une mue méthodique du monde rural qui se dessine, bien au-delà d’un simple reboisement. Les 18 millions de plants forestiers mis en terre ne sont que la partie visible d’un chantier qui bouscule silencieusement la manière dont un État sahélien affronte l’effritement de ses terres et la précarité hydrique. Ce qui frappe, c’est l’articulation assumée entre régénération des sols et production de valeur ajoutée pastorale.
En ensemençant des espèces fourragères sur les espaces récupérés, le Niger ne fait pas que stopper l’avancée du désert: il génère un revenu tangible, chiffré en milliards de francs CFA, directement perceptible par les populations bénéficiaires. Une approche qui rompt avec la logique classique de conservation punitive pour basculer dans une économie de la résilience. Les 32 000 kilomètres de bandes pare-feu ouvertes ne sont pas qu’un dispositif technique de protection, ils tracent une nouvelle cartographie de la gouvernance territoriale où la sécurisation de la ressource fourragère devient un actif économique concret.
La mention des filières moringa, gomme arabique et miel n’a rien d’anecdotique: elle indique que Niamey structure délibérément une diversification des sources de revenus ruraux autour de productions à fort potentiel sahélien, capables de s’intégrer dans des chaînes de valeur régionales.
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En parallèle, le volet hydraulique donne au bilan une épaisseur sociale déterminante. L’installation de plus de 5 000 équivalents points d’eau modernes, incluant mini-adductions et forages équipés, permet d’accroître la couverture en eau potable pour 2,2 millions de personnes supplémentaires. Ce qui n’est pas un détail. Dans un pays où l’accès à l’eau conditionne jusqu’à la stabilité des foyers et des troupeaux, ce déploiement infrastructurel agit comme un amortisseur des tensions et des déplacements contraints.
La simultanéité des fronts (régénération foncière, pastoralisme marchand, accès hydrique) signale une doctrine cohérente où l’environnement cesse d’être un secteur à part pour devenir le socle d’une refonte socio-économique. Le tout avec un État qui, sans emphase, revendique des résultats, des superficies, des volumes de production et des seuils de couverture.
