Sous un soleil de plomb, les bêlements des moutons se mêlent aux appels des commerçants dans les différents parcs à bétail. À l’approche de la Tabaski, l’ambiance monte progressivement dans ces espaces devenus incontournables pour les familles musulmanes désireuses de se procurer un mouton ou un bœuf pour le sacrifice rituel comme constaté à Adjamé.
La Tabaski, ou Aïd el-Kébir, est une période où la demande en bétail bat tous les records. A Adjamé comme à Anyama ou à Port-Bouët, les marchés de bétail sont approvisionnés par le Mali, le Niger et le Burkina Faso.
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Même si ce n’est pas l’affluence des grands jours, certains clients parcourent le marché pour tâter le terrain et se faire une idée sur les prix. L’objectif pour beaucoup est de comparer les prix avant le grand rush des derniers jours, quand ceux déjà prêts s’en procurent pour ne pas affronter l’affluence de ces derniers jours. Cette année, malgré les difficultés logistiques, la demande reste soutenue.
«Pour l’instant, ce n’est pas encore la grande affluence parce que certains clients attendent à quelques jours pour ruer le marché. Nous sommes optimistes inchallah. Nous en avons à tous les prix», explique Diarra Amed alias «Amed mouton», un marchand de bétail du marché d’Adjamé.
Sur le marché, certains fidèles sont abasourdis par le coût des bêtes. Les prix varient entre 100 000 et 1.000.000 Fcfa le mouton; des prix pas à la portée de tous, pas du tout appréciés des clients.
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«Je suis venu acheter un mouton, mais le constat est amer. Les prix nous découragent déjà, Un mouton moyen coûte plus de 150 000 FCFA. Avant avec 75.000 FCFA, on pouvait s’acheter une bête, mais cette année les prix ont doublé, triplé. Quand tu vois un mouton qu’on te propose à 180 000 FCFA, ça n’en vaut pas la peine. Mais sacrifice oblige (…)», déplore Samassi Lamine, un client visiblement contrarié après avoir fait le tour de plusieurs enclos sans obtenir gain de cause.
Comme lui, de nombreux visiteurs repartent sans achat, dans un contexte économique déjà difficile, préférant patienter dans l’espoir d’une baisse des prix, même si les vendeurs restent peu optimistes.
E. Djidia/Le360 Afrique
Propos soutenus par les responsables du marché qui justifient cette inflation des prix par les tracasseries routières et le coût élevé des produits d’entretien des bêtes et les différentes taxes communales à payer. « Dieu merci, cette année il y a suffisamment de moutons. Mais la situation que nous connaissons tous au niveau des pays qui nous approvisionnent complique un peu les donnes avec ses corollaires de tracasseries, fait que les bêtes sont chères. Le transport est devenu compliqué. Il y a des taxes, des contrôles et beaucoup de dépenses sur les routes. Tout cela agit sur les prix des animaux, mais tout le monde peut trouver son bonheur en fonction de son budget», confie Idrisse Imah, l’un des responsables du maché de bétail d’Adjamé.
En attendant le jour de la fête, les regards restent tournés vers les parcs à bétail d’Abidjan où, chaque jour, moutons et acheteurs continuent leur ballet dans l’espoir de conclure la meilleure affaire possible.