Le texte d’un projet d’accord des États-Unis avec la Zambie en matière de santé, diffusé en mars par l’ONG Health Gap, prévoyait que l’investissement de 320 millions de dollars (274 millions d’euros) de Washington dans le système de santé zambien pour 2026 soit «immédiatement suspendu» faute de «mise en œuvre d’un accord bilatéral».
L’échéance de signature était fixée dans le document au 1er avril, mais elle se fait encore attendre: le chef de la diplomatie zambienne Mulambo Haimbe a confirmé lundi dans un communiqué, lu aux chaînes de télévision locales, que les «négociations» étaient «bloquées».
«Une préoccupation du gouvernement zambien concerne le couplage des accords et plans proposés les uns avec les autres, de telle sorte que la conclusion de l’accord sur les matières premières stratégiques soit liée à celle du protocole d’accord sur la santé, par exemple», a expliqué le ministre, qui s’exprimait en réponse à des critiques jeudi de l’ambassadeur américain partant.
La Zambie est le deuxième producteur de cuivre d’Afrique, derrière la République démocratique du Congo, et le huitième au monde, selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS). Ce métal est indispensable aux réseaux électriques, aux centres de données et aux véhicules électriques.
«Le gouvernement zambien a toujours maintenu que les accords devaient être examinés séparément», a ajouté Mulambo Haimbe.
Plus d’une douzaine de pays ont paraphé des contrats d’aides de santé avec les États-Unis, dont le Rwanda, l’Ouganda, le Lesotho et l’Eswatini ces derniers mois.
Le Zimbabwe a rompu les discussions, estimant que le projet d’accord «sape ouvertement la souveraineté et l’indépendance du pays».
Au Kenya, l’accord a été en partie suspendu après deux recours, notamment d’un sénateur, contestant le partage de données. La Zambie dénonce aussi ce point.
«Le blocage des négociations (...) découle de l’insertion de clauses que le gouvernement zambien considère inacceptables, telles que celles relatives au partage de données en violation du droit à la vie privée de nos citoyens», a déclaré lundi Mulambo Haimbe.
Le cas de ce pays d’Afrique australe est symbolique de la course que se livrent la Chine et les États-Unis pour les ressources du continent.
Les acteurs chinois y dominent le paysage avec des participations majeures dans des mines et des fonderies clés.
En plus de ses vastes réserves de cuivre, Lusaka dispose d’un certain potentiel en cobalt, nickel et manganèse, autant de matières premières stratégiques aiguisant les appétits.
