Comme il fallait s’y attendre, l’aide au développement des Etats-Unis au reste du monde a chuté depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, respectant ainsi son engagement électoral.
Si après avoir fait dissoudre l’agence des États-Unis pour le développement international (Usaid), qui assurait un tiers en des financements publics extérieurs, le président américain a finalement un peu desserrer le cordon de la bourse. Cependant, cette mesure n’a pas empêché l’aide publique américaine de chuter depuis son retour.
Le montant global de celle-ci est ainsi passé de 38,8 milliards de dollars en 2023, lors de la dernière année de la présidence de Joe Biden, à 22,3 milliards de dollars en 2024, année du retour de Trump aux affaires, avant de tomber à 18,9 milliards de dollars en 2025 (0,3% des dépenses fédérales américaines), soit une chute de 51,30%.
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Selon les données de USA Facts, en 2025, compilées auprès de plus de vingt organismes du gouvernement fédéral finançant des activités d’assistance à l’étranger, 177 pays parmi les 196 reconnus par Département d’État ont reçu un montant moyen de 35,6 millions de dollars.
Toutefois, cette moyenne cache des inégalités énormes. Le montant reçu par les pays étant échelonné sur une large fourchette allant de 150 millions de dollars à 6,75 milliards de dollars. Les trois plus grandes bénéficiaires de l’aide au développement de l’aide au développement américain en 2025 sont l’Ukraine (6,75 milliards de dollars), Israël (3,31 milliards de dollars) et la Jordanie (1,65 milliards de dollars).
Quand en est-il de l’Afrique, un continent qui dépendait fortement de l’aide publique américaine, notamment au niveau des domaines de la santé et de l’humanitaire qui absorbaient 75% des financements?
À l’instar des autres pays du monde, les pays africains ont aussi vu le montant de l’aide au développement américain baisser ces dernières années, dans le sillage de la politique prônée par Trump.
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Bien évidemment, l’aide publique accordée au continent africain a fortement diminué, même si les pays du continent demeurent parmi les grands bénéficiaires de l’aide au développement américaine.
Pris globalement, l’Afrique a reçu 8,3 milliards de dollars sous forme d’aide en 2025, soit environ 44% de l’aide publique américaine au reste du monde. Ce montant est en recul de 52% par rapport aux 15,9 milliards reçus par l’Afrique en 2024.
En plus de la baisse de l’aide publique, celle-ci est inégalement répartie. En effet, les 10 premiers bénéficiaires africains concentrent 76,46% de l’aide publique américaine destinée au continent.
C’est l’Éthiopie qui se hisse au sommet des bénéficiaires africains avec 920 millions de dollars reçus. En disséquant cette aide, on note que l’assistance humanitaire et la santé sont les grands bénéficiaires de ces aides avec des parts respectivement de 44% et 32%. Le reliquat est composé des aides destinées au développement économique, à l’éducation, à la promotion de la démocratie, des droits de l’homme et de la bonne gouvernance.
Derrière, la RDC (750 millions de dollars), le Nigeria (730 millions) et le Soudan (709 millions) forment avec l’Éthiopie des plus grands bénéficiaires de l’aide américaine l’année dernière.
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Le Kenya (655 millions), le Mozambique (584 millions), l’Ouganda (513 millions), le Soudan du Sud (507 millions), la Somalie (498 millions) et la Tanzanie (480 millions) complètent le Top 10 des plus grands bénéficiaires des aides publiques américaines.
Les 10 premiers bénéficiaires africains de l’aide publique américaine en 2025
| Rang du bénéficiaire au niveau mondial | Pays bénéficiaires | Montants (millions de dollars) | Rang du bénéficiaire au niveau mondial | Pays bénéficiaires | Montants (millions de dollars) |
|---|---|---|---|---|---|
| 4e | Éthiopie | 920 | 9e | Mozambique | 584 |
| 5e | RD Congo | 750 | 11e | Ouganda | 513 |
| 6e | Nigeria | 730 | 12e | Soudan du Sud | 507 |
| 7e | Soudan | 709 | 13e | Somalie | 498 |
| 8e | Kenya | 655 | 15e | Tanzanie | 480 |
Source: USA Facts
La baisse de l’aide a eu des conséquences au niveau de certains domaines, notamment la santé, l’éducation, la lutte contre la pauvreté,… Le secteur de la santé est le plus affecté, la baisse des aides se traduisant par une réduction des programmes de santé (VIH, paludisme, tuberculose…) entrainant des impacts négatifs sur la santé de nombreux patients qui étaient pris en charge et l’arrêt de certaines politique de prévention.
Une situation que les États-Unis ont fini par atténuer en réallouant en urgence, via le Département d’État ou des accords ciblés, certains programmes de santé.
Parallèlement, à la place de l’aide au développement, les États-Unis privilégient désormais des accords bilatéraux conditionnels exigeants une plus grande participation financière des États partenaires.
Ainsi, dans le domaine de la santé, les États-Unis privilégient le commerce plutôt que l’aide. Et afin de soutenir les secteurs de la santé du continent, ils ont signé des accords de co-investissements avec de nombreux pays africains.
Carte des pays bénéficiaires de l'aide publique américaine. En tout, 177 pays parmi les 196 reconnus par Département d’État ont reçu l'aide publique américaine.
Le premier signé avec le Kenya prévoit un versement de 1,6 milliard de dollars sur cinq ans pour soutenir certains secteurs prioritaires dont la lutte contre le paludisme, le sida, la tuberculose, l’éradication de la polio,…. En contrepartie, le Kenya va mobiliser 850 millions de dollars dans le cadre de ce programme.
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D’autres pays ont signé de tels programment dont l’Ethiopie, le Rwanda, le Ghana, Côte d’Ivoire, Nigeria, Ouganda, Mozambique, RD Congo, Liberia...
Au total, 18 pays africains ont signé des accord sanitaires avec les États-Unis d’une valeur totale de 19,8 milliards de dollars sur cinq an. Sur ce montant, la partie américaine va verser 12,2 milliards de dollars et les pays africains 7,5 milliards de dollars.
Seul hic, les contenus de ses accords signés depuis par plusieurs pays africains n’ont pas été divulgués. La seule chose connue est que les pays signataires ont l’obligation de livrer l’accès à leurs données sanitaires et épidémiologiques aux États-Unis afin, officiellement, de favoriser les laboratoires américains dans l’élaboration de traitement ou de vaccins.
De même, on en sait un peu plus dans certains pays où les signatures d’accords ont été un peu conditionnées à l’accès aux minerais stratégiques (cobalt, cuivre, lithium,…). Enfin, pour bénéficier de certaines aides, des pays africains ont fini par accepter de devenir des réceptacles des étrangers de migrants expulsés des États-Unis.
En clair, si l’aide publique a baissé, celle-ci a été compensée par d’autres programmes de partenariats avec des contreparties pour les États-Unis.





