Namibie et fièvre aphteuse: l’UE examine, Windhoek négocie, les exportateurs de bovin retiennent leur souffle

Bovins de Namibie

Le 01/10/2026 à 17h01

Alors que l’Union européenne évalue la situation sanitaire en Namibie, Windhoek défend un statut d’exportateur bovin rare sur le continent. L’ambassadrice de l’UE salue une réaction rapide et transparente du pays. Mais avec une cargaison de 400 millions de dollars namibiens qui pourrait potentiellement être retournée, la fièvre aphteuse menace bien plus que les troupeaux.

La fièvre aphteuse n’est pas qu’une maladie animale. Pour la Namibie, c’est un test de crédibilité sur les marchés les plus exigeants. La Namibie n’affronte pas seulement une épidémie de fièvre aphteuse. Elle défend, en ce 1er octobre 2026, un statut construit patiemment: celui d’un exportateur bovin crédible sur les marchés les plus exigeants.

L’Union européenne, principal débouché de ses exportations bovines, évalue la situation et les mesures nécessaires pour protéger la santé animale et publique. L’ambassadrice de l’UE à Windhoek, Ana Beatriz Martins, salue une réaction namibienne rapide, transparente et professionnelle, et se dit prête à dialoguer avec le gouvernement et les autorités vétérinaires.

Un langage qui reconnaît surtout une transparence namibienne. La Namibie a généré 2,1 milliards de dollars namibiens de recettes en devises grâce à ses exportations de viande bovine en 2025. Avant l’apparition de la maladie, elle était le seul pays africain à disposer simultanément d’un accès aux marchés bovins américain, chinois, norvégien et européen.

Un foyer peut fragiliser des années de certification et de confiance sanitaire. Face à cela, le Fonds de soutien à la lutte contre la fièvre aphteuse annonce la mobilisation de plus de 1,5 million lors de son lancement en février 2026, pour un objectif initial de 50 millions.

La Direction des services vétérinaires mène des opérations de surveillance et de dépistage dans les zones reculées de la région de Kharas, où la maladie a été confirmée. La ministre de l’Agriculture, Inge Zaamwani, indique que le gouvernement négocie avec les partenaires commerciaux au sujet des cargaisons de viande affectées et vérifie leur origine afin de déterminer si elles proviennent d’une zone touchée.

Cette précision intervient après des informations faisant état d’une cargaison d’une valeur d’environ 400 millions de dollars namibiens destinée à l’Europe et qui aurait été retournée. Les autorités ont levé certaines restrictions au nord de la clôture vétérinaire, après que les animaux déplacés d’une exploitation infectée vers Otjozondjupa ont été testés négatifs.

Des restrictions demeurent toutefois pour certains mouvements du sud vers le nord du pays. La fièvre aphteuse, maladie virale hautement contagieuse, touche les animaux à onglons fendus, notamment les bovins, ovins, caprins, porcins et certaines espèces sauvages.

Le secteur de l’élevage, qui représente 3,5% du PIB namibien, a généré en 2024 des recettes d’exportation situées entre 210 et 225 millions USD, principalement vers l’Union européenne, la Norvège, la Chine et l’Afrique du Sud.

Par Le360 (avec MAP)
Le 01/10/2026 à 17h01