Mauritanie. Le prix de la viande rouge réglementé: les bouchers s’inquiètent pour leur bifteck

Une boucherie de Nouakchott.

Le 13/09/2026 à 14h51

VidéoLe gouvernement mauritanien a fixé le prix du kilo de la viande rouge à 300 ouguiyas pour le chameau et le bœuf et à 370 pour le mouton. Si les éleveurs saluent une mesure qui tient compte de leur situation, les bouchers estiment que leurs marges bénéficiaires risquent d’en pâtir.

Le gouvernement mauritanien a fixé le prix de la viande rouge, avec l’objectif d’alléger les dépenses qui pèsent sur le panier de la ménagère.

La mesure gouvernementale porte sur trois catégories de viande rouge, désormais vendue à Nouakchott à 300 et 370 ouguiyas pour la viande de chameau, de bœuf et de mouton.

L’élevage représente 12% du Produit Intérieur Brut de la Mauritanie et couvre la totalité des besoins en viande rouge et fait vivre la majorité de la population active du monde rural.

Le cheptel est composé de 20 millions de têtes, dont 16 millions de petits ruminants, mais aussi de dromadaires, d’ovins et de caprins.

Mohamed Abdallah, boucher à Nouakchott, estime que les nouveaux prix qui lui ont été imposés n’arrangent pas ses affaires “les agents des services compétents sont venus ici pour annoncer les mesures gouvernementales fixant les prix de la viande rouge. Cette grille des prix ne nous arrange pas. Pour faire un minimum de bénéfice, il faut vendre le kilogramme à respectivement 320 et 400 MRU».

Son confrère Mohamed Bowba n’en pense pas moins «nous achetons les chameaux au foirail entre 60.000 et 70.000 ouguiyas pour le revendre au détail. Avec la nouvelle grille des prix, les choses se compliquent pour notre trésorerie».

Alioune Kane, membre du Groupement National des Organisations Pastorales (GNAP) salue l’accord entre le gouvernement et les acteurs de la filière viande, «fruit d’une longue campagne de sensibilisation de notre organisation professionnelle auprès des éleveurs. En fixant les prix, le gouvernement a tenu compte de la situation des éleveurs».

Par ailleurs, il rappelle le contexte géopolitique «marqué par une crise au niveau mondial : la vie est très chère, le prix du carburant en hausse. Le coût des denrées de première nécessité également». Il insiste sur «l’augmentation des charges des éleveurs» notamment le coût du transport du bétail sur le trajet Néma-Nouakchott long de plus de 1000 kilomètres.

Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)
Le 13/09/2026 à 14h51