«The Spine»: après «Sissi City» et ses 50 milliards, l’Égypte lance une nouvelle ville de 27 milliards de dollars

La maquette de la nouvelle ville intelligence The Spine dont la construction va nécessiter 27 milliards de dollars.

Le 03/05/2026 à 15h39

Située à l’Est du Caire, cette nouvelle ville est censée devenir un centre d’affaires régional de premier plan, à l’instar des villes du Golfe (Dubaï, Doha…). Contrairement à la nouvelle capitale administrative, le projet est porté par le privé. Reste que le timing du lancement semble défavorable pour attirer des investisseurs étrangers dans ce genre de projet.

Beaucoup pensent que la crise que connait l’Égypte ces dernières années est grandement liée à l’investissement colossal qu’a nécessité la «Nouvelle capitale administrative» du pays, baptisée «Wedian Al-Masa», appelée aussi «Sissi City», située à environ 45 kilomètres à l’est du Caire. Son érection aurait nécessité quelque 50 milliards de dollars, mais les autorités égyptiennes n’en ont cure. Dans le cadre de leur programme visant à créer de nouvelles villes modernes et intelligentes, dans l’optique de désengorger la capitale, les autorités égyptienne ont lancé un nouveau mégaprojet: «The Spine». Il s’agit d’une nouvelle ville moderne au sein de la capitale administrative, une ville intelligente alimentée par l’Intelligence artificielle, avec de nombreux gratte-ciel, des infrastructures durables, de vastes espaces verts et des zones économiques dynamiques.

Toutefois, l’État semble avoir tiré les conséquences des dépenses consacrées à la construction de la nouvelle capitale administrative qui a impacté négativement les finances de l’État. Du coup, ce nouveau mégaprojet de 27 milliards de dollars sera porté cette fois-ci par le privé. Lancé en avril dernier, cette nouvelle ville sera développée par le groupe immobilier Talaat Moustafa Group (TMG), holding spécialisée dans le développement et la promotion d’actifs immobiliers, en partenariat avec la Banque nationale d’Égypte, la plus ancienne (fondée en 1898) et la plus importante banque d’Égypte dont le capital est détenu entièrement par l’État égyptien, avec un capital libéré de 69 milliards de livres égyptiennes, soit environ 1,3 milliard de dollars. C’est dire que malgré tout, l’État est impliqué dans la construction de cette nouvelle ville.

Elle s’étendra sur environ 2,4 millions de mètres carrés et bénéficiera du statut de Zone d’investissement spéciale aux côtés d’autres villes, dont Madinaty, autres projets phare de TMG.

Plus concrètement, ce projet comprendra des zones résidentielles avec 165 tours, des zones commerciales et hôtelières, des espaces verts qui couvriront 70% du projet. En plus, la ville comprend une Zone d’investissement spéciale avec des services de santé et d’assurance avancés.

The Sipne se veut un modèle de ville moderne à l’instar des villes des pays du Golfe qui sont devenues des hubs internationaux majeurs, à l’instar notamment de Dubaï, Doha, Abu Dhabi, Manama, Mascate… Ainsi, le projet est basé sur le modèle de la Zone d’investissement spéciale (SIZ) offrant un cadre règlementaire flexible, des procédures simplifiées, des incitations compétitives, des services douaniers spécialisés, une infrastructure numérique avancée permettant la réalisation d’une ville intelligente qui repose sur l’intelligence artificielle.

En ce qui concerne le coût de nouveau projet, il est estimé à 1400 milliards de livres égyptiennes, environ 27 milliards de dollars, soit un peu ce plus de la moitié du coût de la nouvelle capitale administrative du pays.

A travers ce nouveau projet, les autorités égyptiennes visent plusieurs objectifs. D’abord, ces investissements devraient stimuler l’activité économique, attirer des investissements étrangers, assurer la croissance économique et créer des emplois. Ainsi, selon le Premier ministre égyptien, Moustafa Madbouli, le projet contribuera à hauteur de 1% au PIB, génèrera plus de 155.000 emplois directs et indirects et produira des recettes fiscales excédant 800 milliards de livres égyptiennes, soit environ 15 milliards de dollars.

Ensuite, cette nouvelle ville devrait aussi contribuer au développement du secteur touristique égyptien, l’un des piliers stratégiques de l’économie du pays. Le volet hôtelier devrait offrir 3500 nouvelles chambres d’hôtel, contribuant au rayonnement touristique du pays.

Par ailleurs, cette nouvelle ville, avec ses résidences, devrait contribuer à désengorger la capitale, le Caire, une métropole surpeuplée avec plus de 25 millions d’habitants.

Reste que le financement de ce nouveau-mégaprojet dans le contexte actuel suscite des craintes, même en Égypte. Face à ces appréhensions, le Premier ministre tente de rassurer en expliquant que le fait que ce projet soit lancé aujourd’hui, en plein cœur des tensions mondiales et régionales, démontre que de grands investisseurs voient en l’Égypte un pays stable, sûr et économiquement attractif».

En ce sens, le projet bénéficie d’une certaine attractivité grâce à sa situation géographique, notamment sa proximité avec la nouvelle capitale administrative et l’aéroport du Caire.

Par Karim Zeidane
Le 03/05/2026 à 15h39