Voyages 2025: les trois pays africains qui ont accueilli plus de touristes qu’ils n’ont d’habitants

Les destinations paradisiaques africaines.

Le 28/02/2026 à 12h49

Seychelles, Maurice et Cap-Vert sont des destinations paradisiaques avec leurs plages de sable fin, eaux limpides, faune et flore exceptionnelles qui attirent des touristes. Ces trois destinations ont accueilli, chacune, en 2025, plus de touristes qu’elles n’ont d’habitants.

La cuvée 2025 a été une année faste au niveau du continent africain. Plusieurs destinations ont battu leur record d’affluence touristique. Si le Royaume du Maroc a maintenu sa place de leader touristique africaine en frôlant les 20 millions de visiteurs, devant l’Égypte (519 millions) et la Tunisie (11,2 millions), d’autres destinations du continent aussi se sont distinguées. C’est le cas notamment des archipels paradisiaques africaines: les Seychelles, Maurice et le Cap-Vert.

A l’instar de la France et de l’Espagne, les deux premières destinations touristiques mondiales qui ont accueilli en 2025 un nombre de touristes dépassant leurs populations, avec respectivement 102 et 97 millions de touristes, les Seychelles, Maurice et le Cap Vert, toutes autres proportions gardées, ont aussi accueilli, chacun d’eux, plus de touristes qu’elles n’ont d’habitants.

Toutefois, les comparaisons s’arrêtent là. Les trois archipels africains sont très faiblement peuplés et disposent d’atouts touristiques exceptionnels (plage, climat, eau turquoise, faune et flore, culture métissée…) à même d’attirer beaucoup plus de visiteurs qu’ils n’en accueillent actuellement.

A ces facteurs, s’ajoutent aussi la sécurité et la sureté qu’ils offrent aux visiteurs. Ainsi, selon International SOS, le Cap-Vert (6e) et les Seychelles (8e) font partie du Top 10 des destinations les plus sûrs au monde, dans un classement dominé par les pays nordiques européens: Danemark, Norvège, Finlande, Islande et Groenland.

Ainsi, ces trois destinations ont accueilli en 2025 un total de plus de 3,04 millions de touristes pour une population cumulée estimée à environ 2,1 millions d’habitants. C’est dire que les trois pays ont accueilli plus de 1,45 fois leur population totale. Reste que si les trois destinations ont en commun la beauté de leurs plages, leurs eaux turquoises et leurs natures luxuriantes, chacune d’elle dispose d’atouts intrinsèques et cultive son caractère originel.

A cela il faut ajouter les politiques mises en place par les autorités pour encourager l’activité touristique tout e préservant l’environnement. Du coup, certaines destinations sont plus fréquentées que d’autres qui ont opté pour un tourisme de luxe, plus générateurs de revenu.

Maurice: 1,1 touriste par habitant

Maurice, situé dans le sud-ouest de l’océan Indien à 2000 km de la côte sud-est du continent africain, faisant partie de l’archipel des Mascareignes, surnommée la perle de l’océan Indien, est une destination touristique qui attire de plus en plus de visiteurs. Les touristes sont attirés par les plages de sable fin uniques au monde bordées de cocotiers, les randonnées, le golf, la plongée sous-marine, les cascades, la faune et la flore exceptionnelles.

En 2025, elle a affiché des performances touristiques record. Selon les données officielles du Statistics Mauritius, l’ile a accueilli 1,436 million de touristes en 2025, un niveau record, en progression de 4% par rapport à 2024. Les arrivées ont dépassé le record enregistré en 2019 qui était de 1,382 million de visiteurs. Ainsi, avec population qui est estimée à 1,3 million d’habitants, le pays a accueilli un peu plus de touristes que sa population. Les autorités du Tourisme y voient la preuve de l’attractivité de l’ile.

Les arrivées de touristes dans l’ile sont dominées par les Français (48.2000 visiteurs dont 145.000 venant de l’ile de la Réunion), les Britanniques (155.000 visiteurs), les Allemands (122.000 visiteurs) et les Sud-Africains (110.000 visiteurs).

Les pics d’arrivées de touristes sont enregistrés durant la haute saison couvrant la période allant de juillet à décembre, avec des pics d’arrivées correspondant aux vacances estivales en Europe et aux fêtes de fin d’année. Le pays a enregistré un pic de 161.440 arrivées en décembre 2025.

Outre les atouts de l’ile, cette dynamique touristique s’explique aussi par l’amélioration de la connectivité grâce à l’augmentation des vols directs depuis des hubs stratégiques (Paris, Londres et Johannesburg), l’organisation d’évènements locaux dont des festivals, des conférences internationales et d’évènements sportifs.

Au niveau des recettes touristiques, celles-ci se sont établies à plus de 103,4 milliards de roupies mauriciennes en 2025, en progression de 10,4% par rapport à 2024, soit l’équivalent de 1,8 milliard d’euros, selon les données de la Banque de Maurice. La dépense moyenne par touriste s’établit à hauteur de 1.253 euros. Ce niveau de dépense moyenne s’explique par la qualité du tourisme et la durée moyenne de séjour qui est d’environ 10 jours, offrant au visiteur un séjour plus immersif.

Pour 2026, les professionnels espèrent maintenir cette dynamique et tablent sur 1,5 million de touristes. Des efforts sont à faire pour accroître l’attrait de Maurice qui fait face à la concurrence régionale, notamment des Maldives qui ont accueilli 2,25 millions de visiteurs en 2025, en progression de 10%, et les Seychelles qui attirent davantage de touristes haut de gamme.

La destination doit faire face à des défis structurels. Maurice, qui est perçue uniquement comme une destination balnéaire grâce à ses plages immaculées, doit se réinventer et diversifier davantage son offre en capitalisant sur sa richesse culturelle, sa gastronomie métissée, son énormes potentiel en matière d’écotourisme,… L’ile doit aussi faire face à la pénurie de main d’œuvre qui reste un défi majeur, accentué par la démographie, la perception des métiers de l’hôtellerie et la concurrence régionale.

En plus, la perle de l’océan Indien doit diversifier sa clientèle en ciblant les pays émergents, notamment d’Asie, au Moyen Orient et en Afrique. En plus, il faut développer la connectivité aérienne, accroître les actions de promotion de la destination afin de renforcer la visibilité de l’ile et améliorer les infrastructures touristiques du pays.

Toutefois, ces actions doivent contribuer à privilégier le développement d’un tourisme durable et de qualité, et non un tourisme de masse destructeur de l’environnement.

Seychelles: touristes haut de gamme

L’archipel de 115 îles dont trois principales -Mahé, Praslin et La Digue- et ses terres couvrant 455 km2, se trouve au cœur de l’océan indien. D’origine granitique ou corallienne, c’est un véritable paradis sur terre avec une multitude de sites touristiques exceptionnels.

L’archipel se prête à plusieurs formes de tourisme. Avec ses plages de sable fin d’un blanc éclatant, bordées par d’impressionnants rochers de granit taillés par l’érosion marine, de cocotiers et d’une végétations tropicale luxuriante, les adeptes du balnéaires sont gâtés, ce d’autant que les plages sont faiblement fréquentées avec plus de 300 jours d’ensoleillement par an.

Idem pour les randonneurs qui bénéficient d’une nature époustouflante. Pareille pour les fans des loisirs nautiques qui peuvent admirer la richesse des fonds marins de l’archipel. C’est l’un des plus beaux endroits au monde pour la plongée sous-marine en raison de leurs eaux claires.

Seulement, pionnière de la préservation de sa faune et de sa flore, l’archipel qui cultive sa particularité mise sur un tourisme haut de gamme et durable.

Malgré cette particularité, les Seychelles ont aussi enregistré un record d’arrivées en 2025 avec environ 400.000 visiteurs, en hausse de 12% par rapport à 2024. Comptant seulement une population estimée à 134.000 habitants à fin 2025, les Seychelles ont accueilli l’équivalent de 3 fois leur population.

Les Seychelles ont l’avantage de pouvoir d’être visitées toute l’année, grâce à leur climat tropical stable avec des températures relativement constantes tout au long de l’année.

Toutefois, la période idéale de séjour touristique aux Seychelles va de mai à octobre, c’est-à-dire durant la période sèche avec des températures agréables autour de 25-29°C. Les touristes viennent essentiellement du marché européen dont les Allemands (45.000 visiteurs), les Français (40.000 visiteurs), les Russes, les Britanniques…Ils constituent autour de 73% des visiteurs. Une dépendance que l’archipel essaie de réduire en démarchant d’autres marchés, notamment ceux d’Asie, du Golfe, d’Amérique du Nord…

Pour cela, les autorités, tout en conservant l’objectif d’un tourisme durable, comptent diversifier l’offre touristique en exploitant des marchés de niche. Parmi les cibles figurent le développement du MICE -Meetings, incentives, conferences et exhibitions (réunions, voyages de motivation, conférences et salon/expositions), le tourisme du bien-être.

La destination bénéficie de la politique d’accès facile sans visa au profit de tous les touristes du monde qui peuvent bénéficier d’un visa à l’arrivée. Mais une fois sur place, le touriste doit faire face à un tourisme haut de gamme. En 2024 par exemple, les 352 762 touristes ont dépensé 960 millions de dollars, soit environ 2800 dollars en moyenne, soit le plus élevé du continent. Le tourisme représente autour de 31% du PIB du pays. Et l’archipel a le PIB par habitant le plus élevé d’Afrique, selon la Banque mondiale.

Le français est l’une des langues officielles avec l’anglais et le créole seychellois. Côté gastronomie, le poisson est omniprésent dans la cuisine seychelloise, se dégustant grillée, avec du riz et de la purée d’aubergines ou de potiron.

Cap-Vert: un record d’arrivée, mais…

Le Cap-Vert est un archipel composé de 9 îles habitées, d’une ile inhabitée et de plusieurs ilots, avec une concentration touristique sur les iles de Sal et de Boa Vista. Située dans l’Océan Atlantique, à environ 500 km des côtes sénégalaises, il a aussi enregistré des arrivées records en 2025 avec un peu plus 1,2 millions de touristes.

Les arrivées sont portées essentiellement par les touristes européens. Outre les plages et la plongée sous-marine, les touristes peuvent s’adonner aux randonnées et se frotter au danger en allant jusqu’au sommet du Pico do Fogo, un volcan encore actif et culminant à 3.000 mètres d’altitude sur l’île de Fogo.

Outre les atouts du pays, le secteur touristique se développe aussi grâce aux infrastructures touristiques (hôtels, port de croisière à Mindelo,…) et à l’augmentation des connections aériennes dopées par l’arrivée des dessertes à bas coûts avec la compagnie d’EasyJet la diversification de l’offre touristique, la stabilité politique, la sécurité et la sureté de la destination.

Tous ces facteurs contribuent à faire du Cap-Vert une destination touristique de choix. La période novembre-juin (saison sèche) est la meilleure pour visiter le Cap-Vert, notamment pour les amoureux des plages et des randonnées. Quant aux adeptes des sports nautiques, les meilleurs moments pour visiter l’archipel est l’hiver (décembre-mars).

Le Cap-Vert, comparativement aux autres archipels touristiques du continent (Maurice et Seychelles), bénéficie de sa proximité géographique avec les grandes capitales européennes.

Globalement, le secteur croît à plus de 10% par an. Toutefois, les écosystèmes de l’archipel sont très sensibles: tortues, lieu de naissance des baleines… Une situation qui devrait pousser les autorités cap-verdiennes à développer un tourisme durable.

Pour 2026, certains craignent que les arrivées ne se tassent en 2026 suite à la décision prise par les autorités de en supprimer le visa à l’arrivée et le système simplifié de pré-enregistrement en ligne (EASE) pour 91 pays. Les ressortissants de ces pays doivent désormais disposer d’un visa pour entrer au Cap-Vert. La décision est justifiée par la volonté des autorités de connaître les profils des visiteurs avant leur embarquement afin de faire face à l’immigration irrégulière ou la menace à l’ordre public.

Le tourisme représente un secteur très stratégique dans l’économie cap-verdienne. Il représente environ 25% du Produit intérieur brut (Pib) du pays et l’une de ses principales sources de devises.

Par Moussa Diop
Le 28/02/2026 à 12h49