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Vidéo. Fespaco: "Aziya" de Karim Boukhari, un des trois films marocains en lice, séduit le public

Mise à jour le 22/10/2021 à 12h20 Publié le 22/10/2021 à 11h36 Par notre correspondant à Ouagadougou- Jean-Paul W. Ouédraogo

#Culture
Aziya, l'un des trois films marocains en compétition au Fespaco, séduit le public
© Copyright : Le360/ Jean-Paul W. Ouédraogo

#Maroc : La fiction "Aziya", du réalisateur marocain Karim Boukhari, a été projeté en salle, mercredi 20 octobre 2021. Ce court-métrage qui a séduit le public ouagalais, venu nombreux le suivre, interpelle sur la percepetion de l'autre et la tolérance; il reste au jury d'apprécier.


Aziya, un des trois films marocains phares en compétition à la 27e édition du Fespaco, a été projeté en salle, le mercredi 20 octobre 2021, à l’institut français de Ouagadougou.

Réalisé par Karim Boukhari, cette fiction de 15 mn, en compétition dans la catégorie courts métrages de fictions, raconte l’histoire d’un homme qui offre en cadeau d’anniversaire peu commun à son ami: «une fille noire». C’est une trame autour de deux êtres en manque de chaleur, animés par des sentiments étranges et parfois dérangeants.

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Le film ne laisse pas indifférent, tant sa trame captive. Ses gros plans plongent le spectateur à l'intérieur même du scénario comme s'il faisait corps avec les interprètes. C'est court, mais on n'en sort pas indemne. Une pure réussite, ce qui lui avait valu d'être sélectionné l'année dernière au Festival national du film au Maroc et de faire partie des courts-métrages retenus pour cette édition du Fespaco.

«C’est un mec en face d’une femme qui est seule aussi. Les deux sont en fait paumés. Mais on ne sait pas trop s’ils vont consommer…faire l’amour ou pas. Mais ce n’est pas le plus important. Il y a des rapports de forces, de domination qui basculent d’un côté comme de l’autre», résume le réalisateur.

Tourné dans des conditions proches de la réalité, ce film est une belle illustration d’un langage parfois mal perçu, en rapport avec une thématique qui touche aussi le continent en l’occurrence le racisme. Pas de dénonciation de la part de l’auteur, il préfère traduire des émotions afin de laisser le soin aux spectateurs d’explorer le rendu.

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«Il a dit “nègre, pute, je te payerai quand j’aurai envie…peut-être que je te payerai”. Donc, j’ai su que c’est un thème du racisme qui est posé. Mais l’actrice a su maintenir sa colère et faire comme s’il n’y avait rien», dit-il avoir retenu.

Ana Tiendrebeogo, une jeune cinéphile moins abonnée aux salles de projections, dit avoir été captivée par la qualité du travail.

«Je n’ai pas encore suivi un court métrage. C’est ici que j’ai commencé à suivre ce genre de film. Mon impression…c’est intéressant, c’est bien», dit-elle.

Karim Boukhari est surtout connu en tant que journaliste. Il cumule une longue expérience dans le domaine et a dirigé plusieurs rédactions. Pour la sélection de ''Aziya'', son deuxième film, il dit être heureux de fouler le sol du Burkina Faso, dans le cadre du Fespaco et espère revenir avec un éventuel nouveau projet cinématographique.


 

Le 22/10/2021 Par notre correspondant à Ouagadougou- Jean-Paul W. Ouédraogo