Ainsi «794 patients sont actuellement sous traitement, avec 7 malades dans un état critique, 104 guéris et 49 décès», selon le bulletin quotidien du ministère de la Santé.
L’inquiétude autour de la létalité élevée est justifiée par la comparaison avec les pays de la sous-région, notamment ses deux plus proches voisins que sont le Maroc et le Sénégal, qui ont respectivement une mortalité de 2,54% et 1,13% seulement à ce jour.
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Le seul pays frontalier qui ait une mortalité bien supérieure est l'Algérie qui cumule 698 décès pour 10.050 cas officiellement confirmés, soit une mortalité de 6,95% des malades identifiés. Si la Mauritanie ne prend pas garde, elle pourrait évidemment s'approcher de ce niveau qui reste un record absolu sur le continent.
| Pays | Cas confirmés | Décès | Guérisons | Taux de létalité |
|---|---|---|---|---|
| Algérie | 10050 | 698 | 6631 | 6.95 % |
| Egypte | 32612 | 1198 | 8538 | 3.67 % |
| Maroc | 8177 | 208 | 7328 | 2.54 % |
| Mauritanie | 947 | 49 | 104 | 5.17 % |
| Tunisie | 1087 | 49 | 977 | 4.51 % |
| Afrique du Sud | 45973 | 952 | 24258 | 2.07 % |
| Sénégal | 4328 | 49 | 2588 | 1.13 % |
| Côte d'Ivoire | 3557 | 36 | 1750 | 1.01 % |
Quant à la moyenne africaine, elle est de 2,8%, alors que celle du monde est 5,84%. C'est donc une moyenne assez proche des pays européens, ce qui s'avère nettement différent de la réalité du continent.
L'inquiétude est d'autant plus justifiée que la situation évolue très vite: le pays est passé de la guérison totale de ses malades à partir de mi-avril, à une nouvelle vague à partir de mi-mai. Et en seulement trois semaines, il compte autant de décès que le Sénégal qui lui est à près 4.400 cas confirmés.
Pourtant, sur le plan administratif et sécuritaire, le gouvernement a adopté plusieurs mesures visant à contrer la propagation du coronavirus (Covid-19) depuis le premier cas enregistré le 13 mars dernier: suspension des liaisons aériennes, fermeture des frontières terrestres, fermeture des écoles, des commerces, des restaurants, suspension des prières collectives du vendredi, arrêt des transports interurbains…
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Pour expliquer ce fort taux de létalité, un médecin évoque «un taux d’infection de 947 individus, largement sous-estimé». Il y aurait donc dans la population beaucoup plus d'infections, mais les cas asymptomatiques dominent visiblement.
Un constat également valable pour de nombreux autres pays d’Afrique, du fait de l’impossibilité d’une opération de dépistage massif de la population, qui exigerait de gros moyens financiers et logistiques. Au Sénégal, la multiplication des cas dits communautaires qui ont atteint une trentaine, lors de la journée de vendredi, sur 134 cas, montre bien que beaucoup de personnes malades ne sont pas identifiées.
Mais à côté de cette explication, un autre expert, professeur de médecine, avance «deux hypothèses possibles. Cette situation pourrait être liée à la qualité ou à la non-disponibilité du médicament, qui est un problème crucial ou encore au retard dans la prise en charge, car les malades viennent à l’hôpital quand il ne reste plus grand-chose à faire. Pire, d’autres fuient même ces établissements».
