Ethiopie: l’armée poursuit sa progression en entrant sans combat dans une importante ville du Tigré

L'armée éthiopienne.

Le 12/10/2026 à 14h30

Les forces fédérales éthiopiennes et leurs alliés continuent leur avancée au Tigré et sont entrés sans combat dimanche soir dans l’importante ville Adwa, tandis que les rebelles tigréens sont de plus en plus repoussés vers la frontière érythréenne, ont déclaré lundi à l’AFP des habitants.

Après des mois de tensions, les affrontements ont repris fin septembre dans le nord de l’Éthiopie entre d’une part l’armée fédérale, et une milice locale, et d’autre part le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) qui dirigeait de fait le Tigré depuis avril et qui ne reconnait pas l’autorité du Premier ministre Abiy Ahmed.

Après des premières avancées territoriales, notamment dans la région voisine de l’Afar, les forces du TPLF ont été confrontées à de nombreuses frappes de drones de l’armée fédérale et ont reculé.

Le 3 octobre, l’armée éthiopienne et la Force de paix du Tigré (TPF), milice tigréenne alliée au gouvernement fédéral éthiopien, ont repris sans affrontements Mekele, capitale du Tigré évacuée par le TPLF.

Dimanche soir, «l’armée éthiopienne et les TPF sont entrés à Adwa», l’une des villes les plus peuplées du Tigré, située à environ 100 kilomètres au nord-ouest de Mekele et à quelques dizaines de kilomètres de la frontière avec l’Erythrée, a affirmé à l’AFP un résident.

«Tous les commerces de la ville sont fermés. La nuit dernière, de nombreux bâtiments publics, dont l’hôpital d’Adwa, ont été pillés», a-t-il poursuivi, précisant que les forces du TPLF avaient quitté la ville samedi.

L’information a été confirmée par un autre habitant.

Selon Acled, ONG spécialisée dans la collecte et l’analyse de données sur les conflits armés dans le monde, des frappes de drone ont visé le 4 octobre un hôtel à Adwa, et entre «cinq et neuf personnes, dont des agents de sécurité», ont été blessées.

«Selon certaines sources, le président du TPLF, Debretsion Gebremichael, et d’autres hauts responsables du groupe se trouvaient à l’hôtel (...) mais ceci n’est pas vérifié», a affirmé l’ONG à l’AFP.

Interrogé sur la situation militaire sur le terrain, le vice-président du TPLF, Amanuel Assefa, a déclaré ne «pas vouloir faire de commentaires».

Après leur départ la semaine dernière des villes d’Adigrat et Shire, les forces tigréennes sont de plus en plus repoussées au nord de la région, près de la frontière avec l’Erythrée, accusée par Addis Abeba de soutenir le TPLF.

Cette situation fait craindre une guerre ouverte entre l’Éthiopie et l’Érythrée, avec le déploiement de troupes érythréennes au Tigré et une escalade verbale entre les deux voisins ces derniers jours.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 12/10/2026 à 14h30