Ethiopie: le médiateur de l’UA pour le Tigré n’est pas «impartial», selon les autorités tigréennes

Le président kényan Uhuru Kenyatta (L), Redwan Hussein (2e L), représentant du gouvernement éthiopien, envoyé spécial de l'Union africaine dans la Corne de l'Afrique et ancien président nigérian Olusegun Obasanjo (2e R) et Getachew Reda (R), représentant du peuple du Tigré Front de libération (TPLF), veille à la signature d'un accord de paix lors d'une conférence de presse concernant les négociations menées par l'Union africaine pour résoudre le conflit en Éthiopie dans les bureaux du Département des relations internationales et de la coopération (DIRCO) à Pretoria le 2 novembre 2022

Le président kényan Uhuru Kenyatta (L), Redwan Hussein (2e L), représentant du gouvernement éthiopien, envoyé spécial de l'Union africaine dans la Corne de l'Afrique et ancien président nigérian Olusegun Obasanjo (2e R) et Getachew Reda (R), représentant du peuple du Tigré Front de libération (TPLF), veille à la signature d'un accord de paix lors d'une conférence de presse concernant les négociations menées par l'Union africaine pour résoudre le conflit en Éthiopie dans les bureaux du Département des relations internationales et de la coopération (DIRCO) à Pretoria le 2 novembre 2022. AFP or licensors

Le 07/09/2026 à 13h15

L’envoyé spécial de l’Union africaine (UA) Olusegun Obasanjo, qui tente d’apaiser les tensions entre le gouvernement fédéral éthiopien et les autorités rebelles de l’Etat régional du Tigré, n’est pas «impartial», ont accusé ces dernières, l’accusant implicitement d’oeuvrer pour le compte d’Addis Abeba.

Les tensions croissantes ces derniers mois entre le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed et les autorités du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) - parti banni par Addis Abeba mais qui dirige de fait l’Etat régional le plus septentrional de l’Ethiopie - font craindre un nouveau conflit.

Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria fut l’un des parrains de l’accord de Pretoria qui a mis fin en 2022 à deux ans de guerre sanglante à grande échelle ayant opposé le gouvernement fédéral au TPLF qui ont récemment tous deux massé des troupes de chaque côté de la frontière du Tigré.

Envoyé spécial de l’UA pour la Corne de l’Afrique, M. Obasanjo a, selon un diplomate de l’organisation panafricaine, reçu récemment mandat de celle-ci pour mener des efforts en vue de ranimer l’accord de Pretoria, dont des points-clés sont restés lettre morte.

«Bien que nous restions fermement attachés à la paix et à un dialogue crédible, nous n’avons pas trouvé» en Olusegun Obasanjo «le médiateur impartial et proactif que requiert la gravité de la crise actuelle», affirment les autorités du TPLF dans un communiqué publié tard dimanche et reçu lundi par l’AFP.

«Son comportement (...) suscite des questions de plus en plus sérieuses quant à savoir s’il agit de manière indépendante ou à la demande du gouvernement fédéral», poursuivent-elles.

En juin et août derniers, M. Obasanjo a rencontré au Tigré les autorités tigréennes lesquelles ont déploré l’absence d’avancées. Le gouvernement fédéral ne s’est pas exprimé publiquement jusqu’ici sur la réactivation de la médiation de M. Obasanjo.

Interrogée par l’AFP sur le communiqué du TPLF, l’UA n’a pour l’heure pas répondu.

Le TPLF a pris le pouvoir en Ethiopie en 1991 et en a dirigé l’Etat fédéral jusqu’à la nomination en 2018 de l’actuel Premier ministre Abiy Ahmed, avant d’être progressivement marginalisé par ce dernier.

Le Tigré, qui comptait avant la guerre environ six millions d’habitants, est exsangue économiquement et plusieurs centaines de milliers de personnes sont toujours déplacées.

Les autorités fédérales ont procédé à plusieurs frappes de drone dans la région en août, touchant des cibles militaires, selon les données d’Acled, une ONG compilant des données sur des zones de conflit. Une frappe sur la capitale régionale Mekelle a également blessé plus d’une dizaine de civils.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 07/09/2026 à 13h15