Dans les rues animées de Bobo-Dioulasso, capitale économique du pays, la nouvelle s’est rapidement propagée, suscitant une vague de réactions. Entre espoir et patriotisme, la majorité des Burkinabè interrogés ont dit être favorables à la mesure.
«Je suis prête pour la défense de mon pays. Parce que je me demande souvent pourquoi je n’ai pas rejoint mes aînés sur le front de bataille. Je pense que si je devais servir dans les rangs, je choisirais la santé», promet Mariam Sere, une étudiante de vingt ans.
«Je trouve que c’est une belle initiative qui va apprendre à la jeunesse à intégrer la notion de la patrie. Parce que nous devons tous ensemble nous lever et nous battre pour le développement du pays. Tout ce qui concerne mon pays me concerne aussi. Peu importent les motifs pour lesquels je serai appelé à servir l’armée, je serai présent», affirme Hassane Kaboré, élève (16 ans).
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À l’instar des plus jeunes, tous partagent cet enthousiasme. Berenger Hien, travailleur dans le secteur de l’intermédiation financière, n’exprime pas non plus de doutes sur ce projet. Pour lui, la décision arrive au bon moment et devra susciter un engagement sincère des Burkinabè.
«Tout ce que le président est en train d’entreprendre en ce moment, c’est ce que nous avons toujours souhaité. En voyant ce qui se passe dans le monde, nous avons réellement besoin de réservistes. Parce qu’un pays souverain doit être capable de se défendre lui-même et pour cela on a besoin des fils et filles de ce pays. Il faut qu’ils prennent un million de réservistes. Nous sommes prêts», appelle de son vœux le plus cher Séni Diarra, acteur de la veille citoyenne.
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Pour certains observateurs, le choix de Bobo Dioulasso n’est pas anodin. «C’est un message d’unité nationale. On mobilise à la fois sur le plan culturel et sécuritaire», ont-ils analysé.
Reste désormais à traduire cette ambition en actes concrets. Entre les attentes des Burkinabè et les défis logistiques, le pari du gouvernement sera de transformer cet élan en une force opérationnelle capable de peser sur le terrain.
