Âgé de 66 ans, M. Ofori-Atta se trouve aux États-Unis depuis janvier 2025, afin d’y recevoir des soins médicaux, notamment une intervention chirurgicale pour un cancer de la prostate.
En janvier dernier, il avait toutefois été arrêté par les services de l’immigration en raison du «statut de son séjour actuel», avaient indiqué ses avocats, et non en lien avec les poursuites judiciaires engagées contre lui au Ghana.
L’ancien ministre y a en effet été déclaré fugitif en février 2025, avant d’être officiellement inculpé pour corruption en novembre de la même année.
Début 2026, il avait été interpellé par les agents de l’immigration et des douanes aux Etats-Unis (ICE) alors qu’il demandait une prolongation de son séjour sur le territoire américain.
«La demande de carte verte (formulaire I-485) de Ken Ofori-Atta a été approuvée par le tribunal américain de l’immigration», a déclaré mardi son avocat, Justice Kusi-Minkah Premo, dans un communiqué.
«Le tribunal estime que les accusations pénales portées contre lui au Ghana ne sont pas crédibles», a-t-il affirmé, tout en précisant que la décision «portait essentiellement sur la question de savoir si M. Ofori-Atta remplissait les conditions légales requises pour l’ajustement de son statut auprès de l’immigration».
Ken Ofori-Atta a occupé le poste de ministre des Finances de 2017 à 2024 sous la présidence de Nana Akufo-Addo, supervisant notamment des réformes fiscales controversées et les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI).
Les autorités ghanéennes l’accuse d’avoir permis l’utilisation de fonds publics pour le projet controversé de construction d’une imposante cathédrale nationale.
Cette cathédrale, imaginée par l’ancien président Nana Akufo-Addo comme un cadeau à Dieu après sa victoire à l’élection présidentielle de 2016, devait être financée par des fonds privés.
Cependant, des révélations indiquant que 58 millions de deniers publics auraient été utilisés, ont suscité de vives polémiques.
Outre le financement du projet de cathédrale, il est reproché à M. Ofori-Atta d’avoir été impliqué dans la signature d’un contrat controversé entre l’Autorité des Recettes du Ghana (GRA) et Strategic Mobilisation Ghana Ltd (SML), une entreprise spécialisée dans l’audit et les assurances dans le secteur pétrolier.
En 2019, la GRA aurait versé plus de 83 millions de dollars à SML sous la supervision de M. Ofori-Atta, sans obtenir l’approbation légale requise de l’Autorité des marchés publics.
L’actuel président ghanéen, John Mahama, a engagé une campagne de lutte contre la corruption; ses détracteurs l’accusent de cibler injustement ses adversaires politiques.
