Lundi, Tarak Mahdi, élu de la grande ville de Sfax (centre-est), s’exprimait sur la question migratoire lors d’une séance parlementaire de questions-réponses au ministre de l’Intérieur.
L’immigration originaire d’Afrique subsaharienne agite régulièrement le débat public en Tunisie. Début 2023, le président Kaïs Saied avait dénoncé l’arrivée de «hordes de migrants clandestins», évoquant un complot «pour changer la composition démographique» du pays.
Pendant son échange avec le ministre, M. Mahdi a mis en garde contre la «menace pour la paix sociale» représentée selon lui par les migrants, affirmant que «ces gens-là, il faut qu’ils partent coûte que coûte».
Il a aussi fait allusion à des accusations de violences, notamment de viols, commis à l’encontre de migrantes subsahariennes.
«Qu’une Africaine soit violée, cela n’arrive pas, il y a suffisamment de beauté en Tunisie», a-t-il affirmé, déclenchant des rires derrière lui.
Ces propos ont aussitôt largement circulé sur les réseaux sociaux et provoqué de nombreuses condamnations.
La Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a fustigé une déclaration «grave et choquante émanant d’un député et prononcée sous la coupole» du Parlement.
Loin d’un «dérapage verbal», «elle constitue l’expression explicite d’une mentalité rétrograde qui justifie la violence et banalise le crime de viol», a-t-elle insisté, dénonçant un «discours empreint d’un racisme flagrant».
Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a dénoncé «une atteinte flagrante à la dignité humaine et une justification grave de la violence sexuelle et du viol contre les femmes».
Face à l’avalanche de réactions, Tarak Mahdi a affirmé que ses propos avaient été sortis de leur contexte.
«Je n’ai jamais eu l’intention d’encourager ou de justifier le viol, ou de porter atteinte à la dignité humaine, surtout celle des Tunisiennes», a-t-il dit, toujours dans l’hémicycle.
«S’il y a eu atteinte à la dignité de Tunisiennes et de Tunisiens, et atteinte à la dignité humaine quelle que soit sa nationalité, alors bien sûr je m’en excuse», a-t-il ajouté.
