Les Zambiens votent jeudi pour élire leur président cinq ans après une transition politique en douceur. Le sortant Hakainde Hichilema, surnommé «HH», mise sur ses récents succès économiques pour l’emporter même si leurs effets se font attendre sur le coût de la vie et le chômage.
Face à lui, Brian Mundubile - ancien allié de l’ex-président Edgar Lungu - paraît son principal rival après avoir uni une coalition de partis rivaux derrière sa candidature à la présidence de ce géant du cuivre historiquement proche de Pékin.
Hakainde Hichilema
Agé de 64 ans, surnommé « HH », Hichilema a été élu en 2021 à sa sixième tentative, remportant une large victoire face à son rival historique Edgar Lungu dont il a longtemps été le principal opposant.
Il avait bâti sa victoire sur une vague de mécontentement face à une économie moribonde et hérité d’un pays en défaut de paiement de sa dette extérieure en 2020.
Hichilema est donné favori pour remporter un second mandat après avoir négocié la restructuration de la dette et relancé la machine économique du deuxième producteur de cuivre du continent, même si de nombreux Zambiens se plaignent du coût élevé de la vie.
En campagne, il a transformé en slogan une expression prisée de la jeunesse, «Salt sana ou «plus de sel», appelant les électeurs à «ajouter plus de saveur» en le reconduisant pour cinq ans à la tête du pays enclavé d’Afrique australe.
Homme d’affaires avisé, parti de rien, Hichilema a une nouvelle fois mis en avant ses origines modestes et rurales, se décrivant comme un enfant «qui surveillait le bétail».
Né en 1962 dans une famille pauvre du sud du pays, il obtient une bourse pour étudier l’économie à l’université de Zambie, avant un MBA à l’université de Birmingham en Angleterre.
Il se lance avec succès dans l’immobilier puis investit dans la finance, l’élevage, la santé et le tourisme. En 2006, il prend la tête du Parti uni pour le développement national (UPND).
Arrêté une quinzaine de fois durant sa carrière politique, il passe en 2017 quatre mois à l’isolement en prison pour «trahison» après avoir refusé le passage à un convoi du président Lungu après l’élection de 2016. Le dossier sera finalement classé sans suite.
Ses détracteurs et des organisations de défense des droits humains lui reprochent un autoritarisme croissant face à ses opposants, à la presse et à la société civile, ce que son gouvernement dément.
Brian Mundubile
Cet avocat de formation de 55 ans s’est imposé comme le principal rival au président sortant, en prenant la tête d’une coalition d’opposition, l’Alliance Tonse, visant à déloger Hichilema de la présidence.
Ancien ministre du président défunt Lungu, ce député originaire du nord du pays a occupé le poste de chef du groupe de l’opposition à l’Assemblée nationale dans la foulée de la défaite du Front Patriotique (PF) de Lungu lors des dernières élections.
Il se présente comme un défenseur des Zambiens ordinaires confrontés au coût élevé de la vie, accusant le gouvernement de se concentrer sur des réformes économiques qui ne parviennent pas selon lui à améliorer le quotidien de la population.
Après des turbulences au sein de l’opposition dans la foulée du décès de Lungu en 2025, Mundubile s’est imposé comme le candidat de la Tonse Alliance («l’Alliance de nous tous», Ndlr) à l’issue d’un processus de sélection contesté qui a mis au jour de profondes divisions au sein de l’opposition.
Son principal défi consiste, sans renier son héritage, à se distancier du bilan de l’ex-président Lungu pour regagner la confiance d’électeurs échaudés par cette période.
En dépit d’une «campagne dynamique» qui a attiré de «larges audiences», le véritable test sera de voir s’il parvient à transformer le mécontentement des électeurs en voix, notamment parmi les jeunes, estime à l’AFP Joseph Siegle, directeur de la recherche au Centre africain d’études stratégiques.
Son colistier, Makebi Zulu, 44 ans, est un ancien député du PF et porte-parole de la famille d’Edgar Lungu.
Harry Kalaba
Ancien ministre des Affaires étrangères d’Edgar Lungu, Harry Kalaba, 50 ans, se présente pour la deuxième fois à la présidentielle sous les couleurs du parti Citizens First.
Il avait quitté le gouvernement dominé par le parti de Lungu en 2019, l’accusant de corruption et de mauvaise gouvernance.
Il a terminé 3e du scrutin de 2021, mais avec moins de 1% des suffrages.
