Cette visite est critiquée par les détracteurs de M. Sall, qui réclament la lumière sur des dizaines d’homicides commis sous son règne.
M. Sall, candidat au poste de secrétaire général des Nations unies, avait annoncé mardi qu’il se rendrait vendredi à Dakar pour un entretien avec son successeur, qui ne lui a jusqu’ici pas manifesté de soutien dans sa campagne.
Ce sera la première fois que Macky Sall, à la tête du Sénégal de 2012 à 2024, y reviendra depuis son départ du pouvoir en avril 2024.
L’ex-président est accusé par les nouvelles autorités d’avoir réprimé les manifestations de l’opposition entre 2021 et 2024, entraînant des dizaines de morts dans le pays.
L’actuel pouvoir lui reproche par ailleurs d’avoir dissimulé une partie importante de la dette qui plombe l’économie du pays.
L’ex-chef d’État s’est posé peu après 15H00 (locale et GMT) sur un aéroport militaire de Dakar, accueilli par un millier de ses partisans qu’il a salués debout sur un véhicule, ont constaté des journalistes.
Plusieurs de ses partisans, certains sur des motos pétaradantes, ont ensuite suivi son cortège jusqu’aux environs du palais présidentiel, dans le centre-ville de Dakar, où il doit s’entretenir avec le chef de l’État sénégalais.
Mais l’audience accordée par le président Diomaye Faye à son prédécesseur suscite la controverse dans son camp, divisé depuis qu’il a renvoyé son Premier ministre et chef du parti majoritaire à l’Assemblée, Ousmane Sonko.
Le président, issu de la même formation politique que M. Sonko avec qui la rupture est consommée, pourrait chercher auprès de son ancien adversaire, l’ex-président Sall, un soutien politique.
Un de ses conseillers à la présidence, Alioune Ibnou Abitalib Sow, a annoncé vendredi sa démission en raison de cette visite. «Une grande partie des maux que le pays traverse aujourd’hui, c’est lui. Des Sénégalais sont morts, des familles attendent encore la vérité», a expliqué M. Sow sur X.
Sollicitée par l’AFP au sujet de cet entretien annoncé, la présidence sénégalaise n’a pas répondu.
Un collectif dénonçant la répression sous le pouvoir de l’ex-président Sall a qualifié jeudi d’«indécente» sa visite et réclame que la lumière soit faite sur les «dizaines de morts» sous son pouvoir.
Des rassemblements sont prévus vendredi en faveur de l’ex-chef d’État, qui a dit sur Facebook qu’il repartira de Dakar «aussitôt» après son entretien avec M. Faye.
La candidature de M. Sall pour le poste de secrétaire général de l’ONU n’a pas été soumise par son pays, comme c’est l’usage, mais par le Burundi, qui assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine.
